Indre-et-Loire

« Petites villes de demain » : c’est quoi ce plan qui veut aider 16 communes tourangelles ?

Il vient d’être annoncé par le gouvernement.

Voici une spécificité bien française : multiplier les dispositifs administratifs pour piloter des projets un peu partout dans le pays. Ainsi, les grandes villes comme Tours, Joué et Saint-Pierre-des-Corps peuvent avoir recours aux financementys de l’Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine quand elles entreprennent de rénover certains quartiers. A côté, les communes de taille plus modeste comme Chinon se sont engagées dans le dispositif Action Cœur de Ville pour soutenir leur dynamisme économique. Quant à Amboise, sa zone d’activité de La Boitardière a été labellisée « Clé en main », sous-entendu le gouvernement encourage les entreprises à s’y installer car elles peuvent débuter leur activité rapidement.

A l’occasion de l’annonce d’un nouveau plan pour la ruralité, l’Etat a rajouté un ustensile dans sa boîte à outils… Le dispositif « Petites villes de demain ».

Alors c’est quoi une petite ville de demain ? Le plan s’adresse à des municipalités qui rassemblent moins de 20 000 habitantes et habitants. « Ce nouveau programme vise à améliorer les conditions de vie des habitants des petites communes et des territoires alentour, en [les] accompagnant dans des trajectoires dynamiques et respectueuses de l’environnement » explique en langage administratif un dossier que la préfecture d’Indre-et-Loire nous a transmis. Ici, accompagner signifie verser des subventions pour des projets locaux. En fait, le gouvernement souhaite encourager le développement économique ou démographique pour ne pas se retrouver avec des bourgs moribonds sans commerces ou sans vie locale. Bref, c’est un programme anti-villes dortoirs.

En Touraine, 16 communes ont été retenues : Beaulieu-lès-Loches, Bléré, Bourgueil, Château-Renault, Château-la-Vallière, La Croix-en-Touraine, Descartes, Langeais, Loches, L’Ile-Bouchard, Ligueil, Neuillé-Pont-Pierre, Preuilly-sur-Claise, Richelieu, Saint-Martin-le-Beau et Sainte-Maure-de-Touraine. Elles ont jusqu’à 2026 pour bénéficier du dispositif.

Mais pour quel genre de projet ? Le dossier de la préfecture tourangelle donne quelques indices : l’Etat peut financer le recrutement d’un chef de projet ou d’une cheffe de projet au sein des mairies afin d’établir une stratégie à long terme sur un territoire défini. Il peut aussi verser de l’argent pour des initiatives concrètes (rénovation d’un centre-ville, actions en faveur des circuits courts…) et promet une entraide entre les communes du « club » des petites villes de demain. Le budget dédié à ce plan est chiffré à 3 milliards d’€, soit une moyenne de 500 millions d’€ par an. Sachant que 1 000 communes vont pouvoir en bénéficier, ça pourrait représenter 3 millions d’€ d’aide pour chaque ville concernée (si on fait une moyenne théorique).

Certains élus ont réagi à la mesure :« Cet accompagnement est et sera un plus pour notre territoire, pour sa dynamique et pour notre démarche de transition écologique. Ce soutien de l’Etat et du plan de relance doit profiter à l’amélioration des conditions de vie de nos habitants et à l’accélération de la réalisation de nos projets pour la commune. Nous y veillerons. Nos projets pour nos écoles, nos associations et pour notre centre-bourg en seront des moteurs » note par exemple le maire de Saint-Martin-le-Beau Alain Schnel.

"Ces annonces ne sont pas le fruit du hasard. Elles résultent du soutien constant que je porte aux projets des communes de la circonscription auprès des services de l'État et des cabinets ministériels décisionnaires" indique le député amboisien Daniel Labaronne.