Indre-et-Loire

Crise du secteur aérien : Mecachrome supprime des postes à Amboise

Des dizaines de postes vont être supprimés.

Il faudra encore des mois voire des années pour que les compagnies aériennes programment un nombre de vols équivalent à leur programme pré-Covid. Qui dit moins de voyages dit moins d’avions commandés, et c’est toute une filière qui trinque. Il y a seulement quelques mois, les entreprises sous-traitantes des constructeurs Airbus et Boeing étaient en plein boom, assurées d’avoir des commandes pour des années grâce aux commandes des compagnies pour de nouveaux avions comme l’A350.

Alors que la crise du Boeing 737MAX (cloué au sol après deux crashs) en a déjà mis à mal quelques-uns, la pandémie accélère la chute. Sans visibilité sur la reprise, les compagnies ne commandent pas de nouveaux avions à plusieurs dizaines de millions d’€.

La région Centre-Val de Loire héberge plusieurs entreprises du secteur. Après Daher qui a annoncé un vaste plan d’économie et de suppressions de postes dans le Loir-et-Cher, c’est Mecachrome Amboise qui s’y met. L’entreprise qui dispose au total de 13 usines dans le monde et 2 800 salariés subissait déjà des difficultés avant la crise sanitaire, victime notamment de l’arrêt de fabrication de l’Airbus A380. Là, les déboires sont à leur paroxysme puisque la direction s’attend à un chiffre d’affaire inférieur de 30 à 40% à ses prévisions initiales pendant plusieurs années.

Dans la zone de la Boitardière, Mecachrome c’est 480 salariés dont 320 pour l’unité de production de pièces moteur et 100 au siège social. Au printemps, la société qui travaille notamment plus pour Airbus que Boeing avait obtenu un prêt garanti par l’Etat pour se maintenir à flots. 60 millions d’€. + 50 millions apportés par ses actionnaires. Apparemment pas suffisant pour empêcher des réductions de personnel…

Après avoir annoncé une centaine de suppressions de postes en juin (mais pas à Amboise), elle vient de présenter un nouveau plan au personnel. Près de 300 postes menacés dans les prochains mois, dont une grosse centaine en Touraine (surtout à la production). Le syndicat espère trouver, d’ici 3 mois, des solutions alternatives en étudiant les comptes et en faisant d’autres propositions. Il parie notamment sur le recours au chômage partiel de longue durée pour éviter ce dégraissement des effectifs. . Au total, les représentants du personnel tablent sur une quarantaine d’emplois à sauver.

5 réunions de négociations doivent avoir lieu dès ce lundi et d’ici fin décembre, en attendant la mise en route du plan de licenciements début 2021. FO dit espérer que les départs volontaires seront privilégiés. Des mutations seront également possibles, notamment en direction du futur siège social qui déménagera d'Indre-et-Loire vers Toulouse.