Indre-et-Loire

Peur des mutilations de chevaux : l’Indre-et-Loire se mobilise

Avec des tournées nocturnes.

Un cas dans l’Allier, un autre en Côte d’Or. La 3e semaine de septembre a encore été marquée par des affaires de chevaux mutilés : des animaux retrouvés les oreilles coupées, l’appareil génital sectionné… Plus les faits se multiplient, plus les propriétaires s’inquiètent. Jusqu’ici, l’Indre-et-Loire semble relativement épargnée par ce qui ressemble à une série noire aux causes inexpliquées. Pour autant, le monde du cheval tourangeau est préoccupé, en témoigne par exemple la promesse des gendarmes d’Amboise d’intensifier leurs rondes nocturnes pour dissuader les intrusions dans les prés ou aux abords des centres équestres.

Claire Lefranc se mobilise également. Propriétaire d’un cheval, cette jeune tourangelle a commencé à monter dès l’âge de 3 ans. On a appris à la connaître pendant le confinement avec le lancement d’un réseau solidaire qui sera prochainement rebaptisé Tours mon Amour. A l’aube de l’automne, elle mobilise ses connaissances pour une action de soutien auprès des propriétaires de chevaux, poneys ou ânes.

« Il y a une psychose. Les propriétaires ont besoin d’aide mais ils ne font confiance à personne » explique Claire Lefranc qui a lancé un appel pour recruter des bénévoles prêts à tourner dans la campagne en voiture pendant la nuit afin de signaler les allées et venues suspectes. Les choses se passent sur les réseaux sociaux derrière le hashtag #sauvemonponey ou par mail à [email protected].

Pour rassurer les propriétaires, la jeune femme propose de mettre en place un contrôle afin d’éviter l’intrusion de personnes malveillantes dans le dispositif. Ainsi, les bénévoles, « beaucoup de cavaliers », ne sauront pas pour qui ils roulent : « Les mutilations ne touchent pas les gros centres. Cette initiative, c’est notamment pour rassurer les propriétaires isolés. »

Cette opération #sauvemonponey ne se voit que comme une action de veille, avec une alerte aux forces de l’ordre en cas de problème : « Je veux développer une relation avec les gendarmes » précise Claire Lefranc. Interrogée sur ce type d’initiatives, la préfète d’Indre-et-Loire est du même avis : « Pourquoi pas si les actions sont concordantes. Je n’exclue pas du tout la mobilisation citoyenne dans la sécurité publique mais il faut que ce soit construit avec les responsables de la gendarmerie ou de la police. » D’après Marie Lajus, malgré plusieurs signalements, à ce jour, aucun acte de violence intentionnel avéré n’a été déclaré dans le département.

Olivier Collet