Indre-et-Loire

[Sans filtre] Un millésime 2020 exceptionnel ? « La vigne n’a jamais été aussi belle »

A deux mois des vendanges, les vignerons sont optimistes.

Le confinement n’a pas eu que des mauvais côtés. « La vigne est magique, magnifique, on ne s’en est jamais aussi bien occupés » explique Fabrice Gasnier, à la tête d’un domaine de 30ha à Cravant-les-Côteaux et nouveau président du syndicat des vins de Chinon qui regroupe les 180 professionnels de l’AOC.

Un printemps ensoleillé, pas trop d’eau, pas de gel malgré une alerte… Les conditions semblent idéales pour des fruits d’exception : « Les grappes sont différentes de d’habitude, longues, aérienne. La vigne a des couleurs magiques » se réjouit l’homme qui table sur des vendanges dès les premiers jours de septembre pour les blancs et à peine quelques jours plus tard pour les rouges… alors que normalement on vendange début octobre dans le Val de Loire. « La vigne n’a jamais été aussi précoce » explique-t-il. Mais ça, ce n’est pas forcément une excellente nouvelle pour le réchauffement climatique.

Découvrez l’interview intégrale de Fabrice Gasnier sur 37 degrés

Attention : il ne s’agit pour l’instant que de prévisions. Dans le vin, on ne sait jamais ce qui peut se passer (un coup de grêle lors d’un orage et toute une récolte peut être anéantie). Néanmoins, à Chinon comme ailleurs, on s’accroche à cette idée que l’année 2020 pourrait offrir des fruits d’anthologie dans l’espoir de rattraper le combo années de gel + crise du coronavirus qui a mis à mal une partie de la profession. Les ventes commencent tout juste à repartir depuis la réouverture des restaurants et certains pourraient avoir du mal à s’en relever s’ils sont à la tête de jeunes exploitations ou qu’ils avaient déjà des difficultés.

En tant que jeune président de l’AOC Chinon, Fabrice Gasnier promet de suivre ces dossiers-là avec attention et de jouer l’entraide : « S’il y a des gens qui sont sur le côté je n’hésiterais pas à aller les voir. » Installé depuis 1993 avec sa femme, son fils et sa belle-fille, lui-même a dû avoir recours à un prêt garanti par l’Etat pour surmonter l’effondrement des ventes. Et s’il comprend la tentation de certains collègues d’accepter la distillation de surplus en vinaigre faute de capacité de stockage, il trouve ça « dommage » d’en arriver là et attend des aides plus marquées du gouvernement ou de l’Union Européenne. « Je ne me suis jamais posé autant de questions qu’en avril dernier. C’est la première fois que j’ai de telles sueurs froides » résume-t-il.

A noter que le festival viticole Les Vignerons dans la Ville reviendra début août à Chinon mais dans une version remaniée pour cause de crise sanitaire. Ensuite rendez-vous en septembre pour Vignes Vins Randos puis en novembre pour le festival gastronomique et culturel Les Nourritures Elémentaires.