Indre-et-Loire

Coronavirus : les entreprises d’Indre-et-Loire à l’épreuve de la crise

Elles doivent notamment préparer le déconfinement.

C’est une enquête qui n’a pas valeur de sondage mais qui donne quelques indications. La Chambre de Commerce et d’Industrie d’Indre-et-Loire a transmis plusieurs questionnaires aux entreprises du département afin de voir comment elles s’organisaient dans cette période particulière, avec la menace de l’épidémie et le ralentissement brutal de l’économie à cause du confinement. Ce sont surtout des petites structures qui se sont exprimées (90% ont moins de 10 salariés), principalement dans le commerce ou le milieu de l’hôtellerie-restauration. Un peu les services, le BTP ou l’industrie.

La moitié de ces sociétés a stoppé son activité parce que l’Etat lui interdit de travailler, 1 sur 5 a choisi de s’arrêter. Moins de 10% ont une activité normale, 40% observent une baisse de chiffre d’affaire supérieure à 50% depuis le début de la crise. Globalement, le tissu économique d’Indre-et-Loire réussit à obtenir les aides d’urgence (prêts garantis par l’Etat ou reports d’échéances) mais certains évoquent des difficultés pour y accéder. Peu ont eu un contact avec leur assurance, et encore moins pour obtenir un dédommagement de sa part.

41% des répondants ne reprendront pas leur activité le 11 mai

30% des répondants ne pensent pas être en mesure de payer les salaires, la moitié ont des difficultés pour recevoir le paiement de leurs prestations, un sur 5 ne règle plus ses fournisseurs. Alors que le chômage a bondi de 7,1% en mars en Touraine, une large partie des sociétés qui ont répondu à la CCI disent ne pas envisager de licenciement mais une structure sur 3 n’a pas suffisamment de visibilité pour répondre avec certitude. 41% prévoient une reprise après le 11 mai, date du début du déconfinement progressif.

« C’est une période incertaine. On apprend au fur et à mesure à adapter les dispositifs » commente Philippe Roussy, le président de la chambre consulaire à l’origine de l’étude. « Cet arrêt brutal de l’offre va avoir des conséquences fortes et longues » poursuit-il. Avec une cinquantaine de personnes mobilisées, la CCI se charge donc d’accompagner les entreprises en demande ce que font aussi la Chambre des Métiers et de l’Artisanat ou la Chambre d’Agriculture. Ça passe par la mise à jour régulière d’une page web avec les aides disponibles ou les dernières mesures gouvernementales mais c’est aussi la création d’une carte pour recenser les commerces ouverts et ramener de la clientèle vers eux, l’animation de formations à distance sur la gestion des contrats de travail et la trésorerie et même une aide psychologique dédiée aux dirigeants d’entreprises.

200 000 masques commandés pour les entreprises

La Chambre de Commerce et d’Industrie participe par ailleurs aux réunions de crise aux côtés de la préfète d’Indre-et-Loire, pour échanger autour des enjeux généraux mais aussi traiter de cas particuliers. Des rendez-vous spécifiques ont eu lieu avec la grande distribution ou les banques. Une réunion aura lieu lundi 4 mai sur la reprise dans les commerces suite au discours d'Edouard Philippe à l'Assemblée Nationale ce mardi.

Aujourd’hui, la grande question c’est : quelle organisation mettre en place pour réussir la reprise ? « Je souhaite un démarrage sécurisé rapide et très large mais ce sera compliqué » argumente Philippe Roussy, évoquant la distanciation sociale difficile à mettre en place dans certains métiers. Il privilégie donc le maintien du télétravail autant que possible, mais aussi de mesures de click & collect ou de livraisons pour les commerces. La CCI a enfin signé un contrat avec Indis (Cinq-Mars-la-Pile) dans le but de commander 200 000 masques à destination du tissu économique.

A noter que la Chambre des Métiers et de l’Artisanat d'Indre-et-Loire relaie la mise en place d'une cellule d’aide aux chefs d’entreprises avec des psychologues. C’est gratuit 7 jours sur 7 de 8h à 20h au 0 805 65 50 50