Indre-et-Loire

[Face à face] Fermeture des marchés d’Amboise : la décision agace les agriculteurs et la préfète

Ils demandent le maintien des marchés alimentaires.

[Face à face] est une rubrique d’Info Tours qui fait le point sur une polémique locale en vous détaillant les différents points de vue.

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Les marchés : ouverts ou fermés ? Depuis une semaine c’est l’une des questions qu’on nous pose le plus sur Info Tours. Il y a d’abord eu le grand flou du week-end du 15 mars, après les annonces du 1er ministre annonçant la fermeture des bars, restaurants et autres commerces non essentiels. Finalement la directive est très claire : les marchés sont autorisés à s’installer mais uniquement avec des stands alimentaires, et en respectant les gestes barrière. Donc on voit des panneaux demandant aux clients de ne pas toucher les légumes, de privilégier les paiements sans contact ou de bien se tenir éloignés les uns des autres dans les files d’attente.

« Le marché n’est plus un lieu de promenade » peut-on lire sur une affiche envoyée aux producteurs tourangeaux pour l’afficher sur leur stand. Les commandes sont encouragées et il est rappelé aux clients qu’une seule personne doit se déplacer pour ses courses.

Mais voilà, pas mal de monde semble encore considérer que le marché est la bonne occasion de sortir se dégourdir les jambes même si le frigo n’en a pas forcément pas besoin. Vendredi après-midi le maire d’Amboise a donc choisi de fermer le célèbre marché de la ville, et c’est la foule affluant en bord de Loire qui semble l’avoir convaincu. Problème : la filière agricole se sent en danger après une telle décision également prise ailleurs en France. Près de nous, Blois n’a maintenu que la moitié de ses marchés tout comme Bordeaux. D’autres villes les suspendent complètement.

« J’enrage, la plupart des gens étaient des personnes à risques, venues en couple. »

Christian Guyon sur France Bleu.

Moins de 24h après la décision amboisienne, le président de la Chambre d’Agriculture d’Indre-et-Loire a donc répondu à cet arrêté pris pour un mois, en cosignant une lettre avec la préfète d’Indre-et-Loire :

« Maintenir l’activité des commerces alimentaires sur les marchés permet d’aider les populations les plus fragiles et les plus isolées à se nourrir près de chez elles, de désengorger les grandes surfaces et contribue également au maintien de l’activité des filières alimentaires de produits frais. Les producteurs poursuivent leur activité pour nourrir la population, productions qui ne peuvent pas être mises à l’arrêt. Nous vous remercions en conséquence de permettre aux marchés de se tenir pour assurer la continuité de la distribution des denrées alimentaires locales. »