Vie locale

Délinquance en Indre-et-Loire : 9 chiffres clés à retenir

Plus de plaintes pour violences sexuelles, plus de vols de voitures et de cambriolages.

Le bilan 2017 de la délinquance en Indre-et-Loire est-il mauvais ? A écouter la préfète du département ou le procureur la Touraine est « dans la moyenne nationale », c’est-à-dire qu’on y dénombre 24 faits d’atteintes aux biens pour 1 000 habitants contre 28 au niveau national et que l’on estime que 6 personnes sur 1 000 sont victimes de violences, 3 de moins que la moyenne de l’hexagone. De la bouche de Corinne Orzechowski, on entend aussi : « il y a moins de dégradations de biens publics, ce qui donne souvent le sentiment d’insécurité, par exemple moins de feux de poubelles ou de véhicules. »

Une fois que l’on a dit ça, penchons-nous sur les chiffres, souvent en hausse… Nous en avons retenu 9 :

On recense 2 992 vols de véhicules en 2017, c’est 370 de plus qu’en 2016, donc un vol supplémentaire chaque jour ce qui représente une progression de 14,2% en 12 mois. Les vols contre des personnes sont également en forte hausse (5 779, +11%) mais les vols avec violence sont moins nombreux (558, -1,4%).

Il y a eu 1 061 cambriolages en zone police en 2017, c’est-à-dire dans l’agglo de Tours. Là, la baisse est indéniable : 160 faits de moins qu’en 2016, -13%, ce qui pourrait être lié à la protection accrue des lieux publics (commerces, écoles, locaux industriels…) selon la préfète. Dans le même temps, les gendarmes constatent eux une très légère progression des cambriolages (1 743 faits, +0,3%), et surtout les vols dans les habitants augmentent de 3,3% avec un cambriolage toutes les 6h dans le département. Pour 2018, la préfecture espère donc plus de secteurs avec des voisins vigilants pour lutter contre les intrusions dans les habitations. 57 communes (environ une sur 5) bénéficient déjà de ce dispositif, dont Tours et St Avertin. Bléré et La Croix en Touraine viennent de rejoindre la liste.

En 2017, 382 plaintes ont été déposées pour des violences sexuelles (agressions ou viols), la hausse est de 22% en un an, et elle avait déjà été importante en 2016. Cela ne signifie pas qu’il y a plus de faits, mais en tout cas que plus de victimes les dénoncent, « ce qui peut être lié aux phénomènes médiatiques comme l’affaire Weinstein » souligne-t-on au commissariat de Tours. Ainsi, les nouvelles affaires ont été particulièrement nombreuses en fin d’année, après le scandale autour du producteur de cinéma. Pour mieux accompagner les victimes, l’Indre-et-Loire espère un 2ème poste d’intervenant(e) social(e), en particulier pour les dossiers concernant des violences au sein de la famille. Un accueil spécifique pour les femmes victimes de violences est aussi à l’étude, la Touraine serait même un département pilote, avec l’ambition de permettre aux plaignantes de faire toutes leurs démarches en un même lieu. Le téléphone grand danger permettant de prévenir les forces de l’ordre en cas de retour d’un homme violent qui a obligation de se tenir à l’écart de sa victime a également fait ses preuves.

Le procureur de Tours

4,61% : c’est, en zone police (Tours, La Riche, Joué…), la part des agressions recensées dans le quartier du Sanitas. Preuve, selon la préfète, que ce dernier est stigmatisé à tort car ce chiffre est faible. Cela représente 105 affaires dans une zone de 8 000 habitants. Le quartier de l’Europe de Tours Nord regroupe 3,3% des dossiers, 2,7% à La Rabière de Joué-lès-Tours… Au final, moins d’une plainte pour agression sur 5 est déposée suite à des faits s’étant déroulés dans un des 9 quartiers prioritaires de la métropole.

Suite à une agression en Indre-et-Loire, 56% des plaintes sont élucidées par les services de police et de gendarmerie (mais seulement 12% pour les atteintes aux biens (vols, cambriolages…).

En 2017, 960 faits constatés par les forces de l’ordre étaient en lien avec le trafic de stupéfiants, +2,5% en un an. « C’est un cancer » dit la préfète Corinne Orzechowski soulignant qu’il y a eu « 2 fois plus d’affaires résolues en 2017 qu’en 2016 » et « ce n’est pas parce qu’un nouveau réseau se crée dès qu’un autre est tombé que l’on baisse les bras » assure-t-elle. La police tourangelle compte une petite dizaine d’effectifs dans sa brigade des stups Rappelons que le gouvernement réfléchit à créer une « simple » contravention en cas de consommation de cannabis.

3 740 infractions économiques et financières ont été comptabilisées l’an dernier en Touraine, soit une dizaine par jour, +24% en un an, et surtout avec une forte hausse de plaintes liées à des soucis sur Internet. Les vols de cartes bleues sont également en pleine recrudescence, notamment dans les bars ou les boîtes de nuits (+21%).

102 Tourangelles et Tourangeaux ont été signalés comme étant « radicalisés » l’an dernier, entre janvier et début décembre. Parmi eux : 37 femmes. « Nous avons suivi spécifiquement 52 personnes » précise la préfète. Une dizaine de ces personnes n’avaient pas 18 ans, la plupart avaient moins de 40 ans. On notera que 20 personnes résidant dans le département étaient suivies de près par la Direction du Renseignement Intérieur (DSI), parce que selon elle, elles présentaient un risque pour la sécurité. 6 personnes ont été prises en charge psychologiquement, et un tel travail devrait se poursuivre en 2018. En revanche, le centre de déradicalisation qui avait ouvert à Pontourny (Beaumont-en-Véron), c’est bien fini : « les meubles ont été donnés et les hôpitaux parisiens travaillent à une nouvelle activité » nous dit-on.

Le N°1 de la gendarmerie tourangelle et la préfète

47 personnes ont été reconduites à la frontière depuis l’Indre-et-Loire l’an dernier, souvent vers l’Algérie. Pour mettre en perspective ce chiffre, il faut en regarder d’autres : au total 604 personnes ont reçu l’ordre de quitter la France alors qu’elles se trouvaient dans notre département, 113 ont été arrêtées. Selon la préfète, l’État se heurte à des difficultés pour expulser les personnes en situation irrégulière : « nous n’avons pas toujours les laissez-passer consulaires, certains pays ne répondent pas. On a des délais et si on n’a pas ces autorisations on ne peut pas reconduire les gens. Il y a aussi ceux qui refusent de monter dans l’avion, et on ne peut pas les forcer, ou alors les procédures cassées par le juge des libertés publiques. » Autant de cas où les personnes sont relâchées… jusqu’à une prochaine arrestation. Corinne Orzechowski attend donc de la nouvelle loi sur l’immigration et le droit d’asile présentée ce mercredi une simplification des procédures.

Olivier Collet