Vie locale

Pollution en Indre-et-Loire : plus long et plus fort qu'en décembre

Des mesures renforcées ont été prises ce mardi.

Depuis vendredi, le nuage de pollution a fait son retour en Indre-et-Loire. Il est dense et il recouvre toute la moitié Nord du pays. Depuis ce lundi, Paris, Lyon ou Grenoble ont pris des mesures pour tenter de diminuer le trafic automobile (circulation alternée ou interdiction des véhicules les plus polluants). En Touraine, la préfecture a déclenché le niveau d'alerte 1 lundi et le 2 ce mardi. En clair, désormais, la vitesse maximale autorisée est abaissée de 20km/h sur l'A10, l'A28 et l'A85 (110 au lieu de 130, 90 au lieu de 110 et même 70 au lieu de 90 dans la traversée de Tours) ainsi que sur tout le réseau de routes du département (donc 70 au lieu de 90 sur toutes les départementales). De plus, pour les véhicules de plus de 3,5 tonnes, c'est 80km/h maximum sur les grands axes. Tout chantier générateur de poussière est interdit ainsi que l'utilisation de groupes électrogènes.

Objectif de ces mesures : réduire (un peu) l'impact du trafic sur la pollution de l'air. Il s'agit d'une pollution aux particules fines, celles qui sont dégagées par les transports ou par la combustion, le chauffage. Par conséquent, il est aussi interdit de brûler à l'air libre (des déchets agricoles par exemple) afin de ne pas aggraver la situation. A noter que toute la région est concernée, pas seulement les zones urbaines. Comme le précise Lig'Air, l'association qui mesure la qualité de l'air en Centre-Val de Loire, ce pic hivernal est dû à la pollution chez-nous mais aussi à la diffusion de l'air pollué de la région parisienne et même d'autres pays européens. Les particules fines stagnent dans l'air à cause de l'anticyclone, du froid et du manque de vent.

Le redoux n'étant pas annoncé avant la fin de la semaine, et le Soleil ayant prévu de briller tous les jours, il ne faut donc pas s'attendre à une amélioration de la situation.En arrivera-t-on à la circulation alternée dans Tours, au stationnement gratuit ou à des transports en commun gratuits ou moins chers (comme ça a pu se faire à Paris) ? Pour l'instant, ce n'est pas à l'ordre du jour, personne n'envisage de prendre ces décisions. D'ailleurs, les experts estiment que sur des villes moyennes comme ici, l'impact serait assez limité, d'autant plus que le nuage recouvre une grande partie du pays.

Ce qui est sûr, c'est que les autorités conseillent vivement de se protéger de cet air chargé en pollution : "que l'on soit sensible ou pas, on va sentir des picotements dans les yeux ou dans la gorge" explique-t-on chez Lig'Air. Il n'y a donc pas que les asthmatique à qui l'on conseille de rester chez-eux : "évitez de sortir pendant les heures de pointe le matin et le soir ou de faire votre footing" poursuit encore l'organisme qui a repeint la carte de la région en rouge pour signifier l'alerte, avec une qualité de l'air égale ou proche du seuil maximum de 10/10.

Ce qu'il est aussi important de noter, c'est que ce n'est pas le premier pic de pollution de l'hiver. Il y en avait déjà eu un fin 2016, mais moins long et un peu moins intense. "C'est dû aux conditions climatiques" explique Lig'Air, qui rappelle que c'est tout de même peu fréquent de connaître ce type de pic à cette période de l'année : "d'habitude c'est plutôt au mois de mars. Ca pourrait devenir problématique si cela durait et s'intensifiait..."

(Re)lire notre enquête : "A10 : peut-on vraiment faire baisser la pollution ?