Val de Loire

Au bout de la Loire, guide complet pour un week-end à Nantes

La ville bouillonne de possibilités.

Et si on allait rendre visite aux voisins ? Pour ça, l’été est une bonne période. Donc direction Nantes, le temps d’un week-end. Si le drapeau breton y flotte un peu partout, qu’elle le veuille ou non, la capitale de la région Pays de la Loire est ligérienne, ne serait-ce que par son fleuve, ou ses vins. Depuis Tours, c’est facile d’accès : environ 2h30 en voiture, un peu plus d’1h30 pour les trains les plus rapides (avec des cartes de réduction, vous pourrez trouver des billets pour moins de 30€), comptez enfin un peu moins de 3h avec les bus longue distance.

La cathédrale St Pierre-St Paul

Pourvu que vous alliez vers le Nord en descendant du train, vous pourrez quitter la ville dès la sortie de la gare en pénétrant dans le Jardin des Plantes, juste de l’autre côté de la place, une entrée de ville bien plus agréable que beaucoup d’autres (y compris que la porte Sud avec embouteillages de piétons et barrières de chantier). Sur 7 hectares, ce parc est une petite merveille avec une drôle de collection de cactus, des serres à l’architecture remarquable, une petite cascade, un grand espace dédié aux plantes médicinales, une « plage verte » avec jeux et des œuvres d’art, dont une qu’il faut manœuvrer à la force des bras pour faire apparaître des fleurs. Une autre, grande structure en bois peint enjambe une allée avec élégance et asymétrie, telle une structure folle pour plantes grimpantes.

L’art au jardin, une bonne idée ? Mieux : l’été Nantes vit toute entière autour de l’Art, ou des Arts. Pour cela, il suffit de suivre la ligne verte tracée au sol (qui s’accorde parfois quelques digressions, sur les bancs ou les aspérités de l’espace public). On appelle ça le Voyage à Nantes, au total ça fait une quinzaine de kilomètres… mais personne n’a dit que vous deviez tout faire d’un coup, ni que vous ne pouviez pas prendre d’autres chemins (c’est d’ailleurs vivement conseillé pour découvrir toutes les curiosités de cette ville.

Jusqu’au 26 août, et à partir de fin juin 2019, cette randonnée artistique urbaine vous entraîne donc dans différents lieux prévus – ou non – pour des expositions, avec parfois une sculpture, ailleurs un jardin d’artiste, dans une petite rue une exposition conçue comme dans une maison, à la frontière du centre un jardin intérieur insolite où l’on marche sur du charbon, près de la Loire des tables de ping pong déstructurées, une caravane suspendue dans le vide sur le toit d’une école, une volière où il est vivement conseillé de se balader, une salle d’opéra revisitée…

Parmi les œuvres les plus saisissantes du programme : L’Eloge du pas de côté de Philippe Ramette Place du Bouffay, statue de bronze avec un pied dans le vide. Non loin de là, Place Royale, une fontaine a été rendue folle par Michel Blazy : attention, arrosages intempestifs probables (les enfants adorent).

Ode à la balade, le Voyage à Nantes demande du temps, de la curiosité et une sensibilité à la diversité pour s’apprécier dans son ensemble. Certains points du programme sont éphémères (coucou « la plus grande marelle du monde » dans une rue piétonne), d’autres sont déjà là depuis un bon moment et font partie du paysage, les Nantai(se)s étant invité(e)s à se les approprier.

Le dialogue entre les époques est un point fort de cette ville. Un excellent exemple ? Le Château des Ducs de Bretagne, érigé à partir du XVème siècle sur plusieurs époques, et reposant en partie sur l’enceinte gallo-romaine, il abrite à la fois un jardin pour pique-niquer au bord des douves, un toboggan pour descendre sur 12m le long des remparts et surtout l’excellent musée sur l’histoire de la ville (on y parle du commerce des esclaves, de l’épopée des biscuits, des grands travaux pour combler la Loire, du port, des guerres… prévoir au moins une demi-journée, surtout si vous suivez les commentaires des médiateurs que l’on croise régulièrement dans les salles).

Le toboggan du château

Dans un bâtiment de la grande cour construit à l’origine pour stocker du matériel militaire, ne manquez sous aucun prétexte l’expo sur le rock à Nantes (jusqu’en novembre 2019, vous avez le temps). Formidablement accordée, elle convoque Dominique A, Katerine, Dolly, Pony Pony Run Run, Chris(tine and the Queens)… ainsi que le premier groupe local à avoir remporté un concours, The Rapaces. Et forcément, c’est une exposition qui s’écoute, au gobelet ou au téléphone à cadran. Elle mérite au moins 1h30 de votre temps, et les enfants pourront essayer les instruments après avoir découvert l’histoire des Vikings dans les étages inférieurs.

Quelle que soit la période de l’année où vous partez à Nantes, vous ne manquerez pas de musées : celui de l’art pourra vous immerger dans le noir, tandis qu’un autre est installé dans un bateau militaire. Un troisième, le musée d’histoire naturelle, s’intéresse aux araignées pour plusieurs mois encore et il y a même un musée des pompiers. En vous baladant dans le cœur de ville en grande partie vidé de voitures (quel bonheur !), ne manquez pas les passages, dont le Passage Pommeray avec sa grande verrière, son escalier lumineux et ses balcons de bois : un incontournable. Et puis, bien sûr, les bords de l’Erdre avec l’Île de Versailles et son relaxant jardin japonais (possibilité de louer des bateaux électriques sans permis pour embarquer).

Côté Loire, les quais sont moins agréables dans la partie « ville », il faut donc traverser. Vous voilà sur l’Île de Nantes avec en son cœur les Machines, de la compagnie La Machine, cette formation d’art de rue qui fait marcher son éléphant géant en bois, prépare un arbre aux hérons de 35m de haut pour 2022 (on peut déjà voir quelques éléments, comme une araignée ou des oies sauvages) : c’est beau l’art en mouvement, tout ça dans les ex-chantiers navals. Remarquable.

Une fois que vous en avez pris plein les yeux, et pourquoi pas après un tour sur la carrousel du monde marin, suivez la rive de l’île côté Ouest et rejoignez progressivement le Hangar à Bananes, enfilade de bars et restaus au bord de l’eau. A faire, surtout pour le cadre et l’animation. Pour le reste, voici nos bonnes adresses…

  • Un déjeuner : proche de l’Erdre, Cuit Lu Cru est mené par un jeune couple qui propose une carte à base de produits locaux comme une dinde fermière farcie à la ricotta avec plusieurs déclinaisons de légumes (dont une peu commune purée au cerfeuil). Accueil sympa, belle carte des vins faisant honneur au bio et 14€50 la formule plat-dessert, c’est un bon plan qui se partage vite et qui vaut aussi pour le soir. Autres options : By Sainbioz (locavore), l’Uni (abordable le midi, plus cher le soir), La Passerelle Marcel ou Dubrown Burger.

Cuit Lu Cru

  • Un dîner : pour vivre vraiment une expérience, tentez les dîners dans le noir le plus total… au Radison Blu. L’hôtel 4 étoiles installé dans l’ex palais de justice propose ce concept les vendredis et samedis soir à partir de 50€ avec un menu surprise de l’entrée au dessert ou vous devrez deviner ce que vous mangez. En prime, vous serez attablés avec d’autres convives et « le noir ça rapproche. » Autres options : Totum, cantine bio, vegan et sans gluten. Accueil super, carte inventive, produits de bonne qualité, terrasse au calme, prix corrects (formules à moins de 20€). Ou alors l’Instinct Gourmand.

  • Sur le pouce : ce n’est pas très nantais mais l’épicerie corse Une Île à Part regorge d’excellents produits pour faire des sandwichs. La propriétaire est corse et avant de retourner sur son île dans deux ans elle régale les ligérien(ne)s avec des produits sourcés en direct. La charcuterie est divine (sandwichs dès 5€70, moins de 10€ la formule avec boisson). Autres options : Olibaba, Frais et Dispo pour des pizzas (4€ à la part) et sa « formule binouze » et enfin Ker Juliette pour des crêpes.
  • Boutiques, bars… : Nantes regorge de friperies dont Frip’in Shop près de l’Erdre ou Mauvais Genre qui fait aussi… café à l’étage, avec produits bio à proximité de la cathédrale. Ce quartier est d’ailleurs une mine d’or de super boutiques avec Abc Terroirs, qui compile les meilleurs vins de la région, plein de bières locales (on a goûté la Nautile, c’est tout neuf et très bon) et, forcément, les Petit Beurre.
  • Pour se loger : ça dépend de vos préférences mais on vous conseille de trouver dans le centre. Un excellent camp de base pour tout faire à pied ensuite. En 3 jours, on n’a pas eu besoin de prendre une seule fois les, pourtant célèbres, tramways nantais.