Tours

Tours Métropole : des élus agacés par le trop-plein de pub en ville

Ils pourraient prochainement adopter des mesures plus restrictives.

« La publicité on en veut moins, on en veut mieux. Il y a des quartiers où on n’en a pas besoin » dit le président de Tours Métropole Philippe Briand. Voilà comment il a conclu un débat mené ce jeudi soir au sujet du futur règlement qui encadrera la publicité dans l’agglomération. Il existe déjà des règles dans certaines communes (Tours, Fondettes, Chambray, Joué ou St Avertin), mais chaque ville a les siennes. Il faudrait donc harmoniser tout ça, sans doute d’ici mi-juillet 2020, ou au plus tard en 2022 si le gouvernement vote une loi qui autorise les collectivités locales à traîner un peu pour adopter ce type de document (certains élus le réclament).

Ce règlement concerne les panneaux publicitaires que l’on voit au bord des routes, mais aussi les enseignes des magasins ou encore les chevalets que l’on trouve devant certains commerces (les restaurants par exemple). Il ne peut pas interdire la publicité, seulement l’encadrer en lien avec les lois nationales, notamment pour durcir la législation.

Lutter contre les écrans pub numériques

En attendant son entrée en vigueur, les conseillers métropolitains tourangeaux ont débattu pour faire part de leurs souhaits. Plusieurs réunions avaient eu lieu en amont, dans le but de définir des orientations, « dans le but que la publicité s’intègre le plus harmonieusement possible au paysage ». Parmi les propositions des techniciens : autoriser la pub aux abords des monuments historiques ou des sites paysagers protégés, mais seulement sur du mobilier urbain. Les supports numériques seraient également acceptés, dans la limite de 2m², et sans porter atteinte à la vue. Une formulation qui peut parfois paraître un peu floue.

Autre orientation : établir une règle sur la publicité lumineuse valable dans toute la métropole. Par exemple – ce n’est qu’une démonstration – interdire l’allumage des enseignes de 22h à 7h alors que la loi l’oblige seulement de 1h à 6h du matin. Il est aussi question de limiter la densité des panneaux dans certains secteurs, comme les entrées de villes.

Préserver des espaces pour la publicité associative

Le débat qui a suivi cette présentation a dégagé une tendance claire : les élus seraient prêts à durcir encore les mesures. « Si on peut éviter de rajouter de la publicité dans les zones historiques ce serait bien. On voit tellement de pub partout qu’à force le message ne passe plus » estime Philippe Briand. Tout comme l’écologiste chambraisien Didier Vallée, le président de l’agglo fait part de ses réserves sur les écrans numériques, dont les antipubs réclament par ailleurs une interdiction totale (ils manifestaient devant le siège de l’agglo avant la réunion).

Selon l’élu LR, « il faut des conditions drastiques, car si ça continue on ne verra plus que ça. »

« La pub numérique je la prends comme une agression. Les médecins disent qu’il faut protéger nos enfants du numérique avant un certain âge et en plus c’est énergivore » renchérit pour sa part Didier Vallée.

« Si on acceptait ces panneaux il faudrait en maîtriser la puissance et la luminosité. Et ne les autoriser que s’ils fonctionnent avec des panneaux solaires » a plaidé l’élu de Tours Yves Massot.

Le débat a aussi porté sur les enseignes de commerces, « parfois énormes et laides » selon Philippe Briand. « Il faut arriver à travailler pour des enseignes raisonnables. On n’a plus besoin de couleurs tape-à-l’œil qui défigurent des quartiers. »« Je suis favorable à une réduction drastique de la publicité, personne ne s’en plaindra » dit aussi le maire de Chambray Christian Gatard qui a déjà fait réduire par deux le nombre de panneaux dans la zone du Grand Sud, même si les commerçants avaient commencé par râler.

Certains membres du conseil métropolitain ont tout de même pointé l’importance de préserver des espaces d’expression pour les associations et la vie communale, pour éviter de développer la pub sauvage. « Il faut trouver un juste milieu » selon le maire de Luynes Bertrand Ritouret.

A l’écoute de ces propos, on peut donc imaginer un règlement plus restrictif que celui en vigueur aujourd’hui. A voir si dans le futur il débouchera vraiment sur un aménagement urbain moins chargé en réclame.

Olivier Collet