Tours

Emploi, difficultés, stationnement... Le bulletin de santé des commerces à Tours

La ville compte pratiquement 2 000 boutiques.

Mardi soir quelques dizaines de commerçants tourangeaux se réunissaient pour l’assemblée générale annuelle de leur association, les Vitrines de Tours. La réunion avait lieu à la Chambre de Commerce et d’Industrie de Touraine Rue Jules Favre, probablement pour la dernière fois car l’institution devrait avoir quitté ses locaux historiques dans quelques mois, au plus tard début 2020.

Un an après la reprise en main de la structure par deux co-présidentes (Valérie Noulin qui exerce Rue de la Scellerie et Nadia Malbec de la Rue Marceau), la soirée a permis de revenir sur l’actualité des 2 000 boutiques de la ville, en particulier leurs difficultés (le mouvement des Gilets Jaunes et son impact sur le chiffre d’affaire ou la lutte contre le projet de Village des Marques à Sorigny).

Du stationnement gratuit de temps en temps ?

Evidemment, la question du stationnement a été abordée. Et en longueur. On a parlé du stationnement gênant de véhicules très rarement verbalisé mais sans surprise le débat principal concernait la réforme du système des horodateurs début 2018. « On est partis sur de mauvaises bases » rappellent Les Vitrines de Tours. L’association demande une meilleure communication sur les tarifs et une tolérance de 10 minutes pour laisser le temps aux conducteurs de remettre de l’argent dans le parcmètre avant de prendre une amende.

L’idée d’une gratuité ponctuelle du stationnement en centre-ville ou d’offrir les 30 premières minutes ont également été évoquées. La mairie n’est pas fermée : elle a désactivé les parcmètres à plusieurs reprises cet hiver en compensation du mouvement des Gilets Jaunes et propose parfois des bonus aux utilisateurs de l’application Whoosh. Quant aux panneaux qui pourraient indiquer à distance le nombre de places disponibles dans les parkings souterrains, on les attend toujours. Mauro Cuzzoni y est favorable mais n’annonce aucune date d’installation. L’élu conditionne les travaux à l’obtention de l’argent nécessaire pour l’achat du matériel. Apparemment ce n’est pas le cas pour l’instant...

Une boutique sur 3 a moins de 5 ans

Autre point de l’ordre du jour : la présentation d’une étude détaillée sur l’activité commerciale tourangelle. Les cafés et restaurants sont les plus nombreux avec 520 établissements, soit 30% du total de l’offre du centre-ville. L’équipement de la personne est 2e avec 276 établissements concentrés sur l’hyper centre, une activité équivalente au monde de l’hygiène-santé-beauté. Combien de commerces alimentaires ? 221 ! 153 établissements proposent des produits culturels et de loisirs, 93 commerces sont spécialisés dans les services (pressing, toilettage, pompes funèbres...).

A Tours, une boutique du centre-ville sur 5 n’a aucun salarié, 40% ont maximum deux salariés, une sur 4 emploient 3 à 5 personnes. Un commerce sur 3 a moins de 5 ans d’existence : « on note une rotation importante » souligne le président de la CCI Philippe Roussy. « Notre force c’est d’avoir des enseignes fortes comme Printemps, Nespresso, Hermès ou Mauboussin. Le centre-ville attire de nouveaux commerces et des commerces de qualité : il est dynamique et attire une clientèle venue de l’extérieur » analysent les présidentes.

Bientôt une carte de fidélité ?

« Tours bénéicie d’un bon aura » juge également l’élu en charge du commerce Mauro Cuzzoni. Néanmoins, il estime indispensable de « cultiver la dynamique engagée » : « il n'est pas nécessaire de faire venir Rihana Rue Nationale mais si on se met tous à créer des événements, le reste de la ville suivra. Il faut plus d’implication de tous les commerçants, être ensemble pour avoir plus d’impact afin que que notre ville ne ressemble pas à d’autres avec des rues aux nombreux commerces fermés. La vacance commerciale est encore trop importante, mais moins qu’ailleurs. »

Pour maintenir ce fameux dynamisme, l’association des Vitrines de Tours table sur le développement des adhésions (elle a perdu une trentaine de membres l’an dernier), la création éventuelle d’une carte de fidélité du centre-ville et enfin sur la popularisation de ses chèques cadeaux, bien moins utilisés qu’ailleurs comme à Angers. D’une valeur de 10 et 20€, ils sont notamment proposés aux comités d’entreprises.