Tours

Réorganisation des impôts en Touraine : la réponse de la direction

Elle promet que son projet est encore amendable.

Depuis le 7 juin c’est un peu la crise aux finances publiques d’Indre-et-Loire : le projet de réorganisation territorial présenté en préfecture inquiète les syndicats et certains élus. Il prévoit pas mal de changements par rapport à la situation actuelle, afin de suivre les orientations du gouvernement. La mesure qui concerne le plus le grand public c’est la fermeture annoncée de l’accueil aux contribuables de Loches mais on parle aussi du regroupement des différentes trésoreries à Tours ou encore de changements d’importance pour les entreprises.

Pour protester contre ce plan départemental, des banderoles ont été affichées sur les murs des finances publiques à Loches et à Amboise. Lundi après-midi, 250 personnes ont également manifesté Boulevard Béranger à Tours.

Jusqu’ici, la direction départementale du service des impôts ne s’était pas exprimée et elle le fait aujourd’hui surInfo Tours via Jacques Bazard, son N°1. Dans un premier temps, l’homme assure que « nous conserverons 4 points de contact avec le public à Tours, Amboise, Loches et Chinon en nous appuyant en parallèle sur les 24 Maisons de Services au Public dont nous formerons les animateurs. Cela ne veut pas dire qu’ils feront le travail de nos agents mais ils pourront donner des informations. »

Un plan qui doit encore être discuté jusqu’en novembre

Mais alors que faire pour obtenir les réponses à des questions complexes ? Sachant qu’il y a tout de même 10% de contribuables qui se déplacent dans les centres des impôts chaque année au moment de remplir leur déclaration de revenus, sans oublier les autres demandes au fil de l’année. Pour Jacques Bazard :

« Pas question d’imposer aux citoyens du Lochois d’aller jusqu’à Chinon. A Loches il sera toujours possible d’être accueilli par un agent qui proposera selon le cas un rendez-vous téléphonique ou alors un rendez-vous sur place avec un conseiller qui se déplacera. »

En clair, des salariés de Tours feront un aller-retour à Loches pour répondre aux questions. Voire se rendront dans les Maisons de Services Publics, amenées à être rebaptisées France Services : « la plupart des communes sont à moins de 10km d’un de ces accueils » note le directeur des finances publiques.

Pour les agents amenés à se déplacer plus souvent, « nous les accompagnerons financièrement » promet Jacques Bazard. « S’ils veulent rester à Loches, nous leur offriront une formation pour changer de métier. » Il assure que la plupart du personnel ne verra pas ses trajets augmenter car beaucoup seraient aujourd’hui à mi-chemin entre leur trésorerie actuelle et le lieu de leur futur bureau. « Chaque agent aura le choix », promet leur directeur, « certains voudront peut-être déménager, sinon on favorisera le covoiturage. »

L’agacement du président de Loches Sud Touraine

Il est utile de préciser que ce plan de réorganisation tourangeau n’est pas encore définitif : une phase de « concertation » doit commencer avec les agents et les représentants du personnel. Une réunion était organisée à Loches ce lundi, une autre suivra à Chinon. Les discussions s’achèveront en novembre. Un dispositif qui s’accompagne d’une baisse continue du nombre d’agents : 830 à ce jour, 11 de moins qu’en 2018. Ils seront encore moins nombreux en 2020 mais on ignore combien pour l’instant.

Même avec ces annonces et l’idée d’un accompagnement spécifique dédié aux collectivités locales, le président de la communauté de communes Loches Sud Touraine ne voit pas les choses d’un très bon œil. Gérard Hénault explique ceci à Info Tours :

« Je suis agacé d’avoir découvert les choses dans la presse. Mais surtout le dispositif compensatoire via les Maisons de Services aux Publics est cavalier : leurs agents sont payés par la communauté de communes. Donc si j’ai ce service à effectuer je ne suis pas contre mais il faudra des fonds de l’Etat pour financer la surcharge de travail. »

L’élu du Sud-Touraine dit aujourd’hui attendre un appel de la direction des impôts. Il poursuit : « c’est toujours gênant de se dire qu’on a des agents très qualifiés qui vont s’en aller. Le service à la population ne sera vraisemblablement pas à la même hauteur qu’aujourd’hui. Tout ça c’est quand même très curieux… Alors même qu’on nous dit qu’on va écouter la parole des élus locaux, là on ne nous a rien dit en amont. »