Tours

CHU de Tours : les urgences dans la rue pour exprimer leurs malaises

La direction de l’hôpital leur a répondu ce jeudi.

C’est un mouvement de très grande ampleur : partout en France, des services d’urgence en grève. Les services fonctionnent car les personnels mobilisés sont réquisitionnés. Tout de même, presque 100 hôpitaux perturbés dans le pays c’est beaucoup. Dans certains cas des salariés se sont même mis en arrêt maladie pour rendre leur mal-être encore plus visible.

Et en Indre-et-Loire ? Tours, Amboise et Chinon sont concernés. Les urgentistes de l’hôpital pour enfants de Clocheville ont été les premiers à se mobiliser il y a plusieurs semaines, rejoints par Chinon om une pétition a été lancée. Les urgences de Trousseau ont suivi lundi 10 juin avec le soutien de Sud et de la CGT avant qu’Amboise ne se lance dans la bataille.

45% de grévistes à Tours et Chambray

Les revendications les voici : augmentation du nombre de postes, des mesures pour soulager le personnel (remplacement des arrêts maladie ou congés maternité par exemple), des hausses de salaires ou plus de moyens. Jusqu’ici les réactions du gouvernement via la ministre de la santé n’ont pas convaincu. Agnès Buzyn a tout de même promis le lancement d’un grand chantier pour refonder les urgences. Reste à savoir ce qu’il en sortira, avec quels moyens, et dans quels délais.

En attendant, les personnels mobilisés localement tentent de faire bouger les choses à leur échelle. C’était le cas ce jeudi à Tours avec une manifestation en centre-ville pour se faire voir de la population et entendre de la mairie. Les syndicats ont demandé un rendez-vous avec le maire de Tours Christophe Bouchet qui est aussi président du conseil de surveillance du CHU, et qui peut donc avoir un rôle à jouer lors de discussions administratives.

La direction de l’hôpital a également communiqué en fin de journée évoquant 45% de grévistes (c’est beaucoup !) : 11 aux urgences pédiatriques, 23 aux urgences pour adultes. En écho au discours des personnels, elle écrit ceci : « depuis 2015, 18,5 postes non médicaux et 7 postes médicaux ont été créés aux urgences adultes, soit une augmentation supérieure à celle de l’activité sur la même période. Entre 2017 et 2019, l’activité est restée stable aux urgences adultes de Trousseau (en nombre de passages). A Clocheville, les urgences pédiatriques ont connu une activité stable entre 2017 et 2018 et en légère hausse en 2019. »

Bientôt des améliorations à Clocheville ?

L’administration hospitalière évoque également des changements dans l’organisation des urgences avec un renforcement de la sécurité face aux agressions récurrentes, la création de 20 lits pour accueillir les patients après les premiers soins ou un secteur dédié à l’accueil des urgences psychiatriques.

Enfin, une réunion doit prochainement avoir lieu avec les équipes des urgences de Clocheville pour apporter des réponses à ses revendications. Le rendez-vous devrait avoir lieu d’ici quelques jours.

 

A noter : samedi 15 juin le Collectif Santé - également engagé pour une amélioration des services du CHU - tiendra un stand au marché de Saint-Pierre-des-Corps.