Tours

TOURS : Du glyphosate dans les urines… et des questions sur l'eau

53 personnes ont fait tester leur pipi pour y rechercher le produit utilisé comme pesticide.

L’initiative est menée un peu partout en France, avec des testeuses et des testeurs qui se font appeler « pisseurs volontaires ». Toutes et tous font tester leurs urines en laboratoire à la recherche de glyphosate. Leur objectif : prouver que ce produit classé comme cancérigène probable est partout, même pour des personnes faisant attention à leur alimentation.

A Tours, 53 échantillons ont été rassemblés… Les résultats viennent de tomber : en moyenne, les hommes avaient un taux de glyphosate de 0,95nano gramme par millilitre dans leur pipi, 1,06ng/ml pour les hommes. Une femme a le taux le plus faible : 0,08ng, et une autre femme le plus élevé : 2,97ng/ml.

Conseiller municipal et métropolitain, l’écologiste Emmanuel Denis se retrouve avec un taux de 0,75ng/ml : « c’est inquiétant car c’est 7,5 fois le seul maximum autorisé dans l’eau potable » s’alarme-t-il, prêt à aller porter plainte avec le groupe du test pour mise en danger de la vie d’autrui, tromperie aggravée, atteinte à l’environnement. Sont visés : les fabricants de pesticides ou encore la commission européenne. La procédure devrait être engagée devant le tribunal de Tours dans le courant du mois, elle est déjà lancée dans d’autres départements.

Selon Emmanuel Denis, sont taux élevé de glyphosate dans l’urine prouve que « manger bio permet de se préserver en partie » étant donné qu’il se nourrit essentiellement de produits avec le label AB en dehors de son repas du midi en cantine d’entreprise, « le bio devrait devenir la règle et non plus l’exception » plaide-t-il.

Mais alors d’où viendrait ce glyphosate ? Deux possibilités pour l’élu : les repas du self au bureau 5 midis par semaine et l’eau du robinet qu’il consomme. Sans affirmer que l’eau de la ville de Tours est fortement contaminée par le produit pesticide, il dit souhaiter « un état des lieux précis de l’eau potable » autrement dit « que l’on recherche les perturbateurs endocriniens dans l’eau (le glyphosate, ou d’autres, ndlr). Les traitements n’évacuent pas les produits chimiques et les traces de médicaments. » Ainsi, le militant EELV plaide également pour des mesures d’accompagnement des agriculteurs situés à proximité des cours d’eau afin de les accompagner vers une culture plus respectueuse de l’environnement pour ne pas contaminer la Loire ou le Cher.

Une question importante tout de même : un taux élevé de glyphosate dans l’urine est-il réellement problématique ? Autrement dit : si le corps arrive à éliminer le produit, est-il nécessaire de s’inquiéter ? « C’est une vraie question à poser : qu’est-ce que le corps réussit à éliminer ou pas ? » concède Emmanuel Denis pour qui on peut tout de même « craindre qu’une partie passe dans le sang » et donc fasse des dégâts.