Tours

Les 3 priorités du nouveau procureur de Tours

Il s’appelle Grégoire Dulin.

L’arrivée d’un nouveau procureur est un moment très protocolaire : préfète, élus, représentants des forces de l’ordre, avocats… Tout ce petit monde massé dans la grande salle des assises du tribunal de grande instance de Tours vendredi 26 avril dès 14h. Une audience de près d’1h30 conclue par un pot dans les coursives du palais de justice. Tout cela pour l’arrivée de Grégoire Dulin, « le plus jeune procureur nommé à Tours à ce jour » (il a 43 ans). L’homme prend la suite de Jean-Luc Beck, jeune retraité resté en poste pendant cinq ans.

Passé par le sud de la France (Marseille et Aix-en-Provence) ou encore par Villefranche-sur-Saône, Grégoire Dulin s’est fait remarquer depuis 2017 au ministère de l’intérieur : il était le conseiller justice des ministres Gérard Collomb puis Christophe Castaner, dont on le dit proche. Son arrivée ne s’est pas faite sans polémique, un recours ayant été déposé mais finalement rejeté car sa candidature aurait été privilégiée au détriment d’autres dossiers.

Officiellement à Tours depuis fin mars, « il a apporté une réelle vision avec une modification des pratiques » témoigne-t-on déjà parmi les magistrats tourangeaux. Son « déterminisme » ou son « énergie évidente » semblent également des points positifs.

Grégoire Dulin arrive donc avec son style dans un tribunal en pleine transformation :

  • Il est en travaux jusqu’en 2020 (un grand trou remplace actuellement la salle des pas perdus en attendant l’inauguration d’un nouvel accueil au public cet été)
  • On manque de postes de juges des enfants ou au greffe
  • La présidente Catherine Jean-Pierre Cléva partira à la retraite dans quelques semaines
  • La maison d’arrêt est pleine à craquer avec un taux de surpopulation de 152%

Le nouvel homme fort de la justice tourangelle fixe donc ses priorités : « une politique pénale visible et cohérente éviter les temps morts judiciaires et une réponse pénale de qualité comprise par tous. » Parmi ses objectifs : raccourcir les délais entre les délits et les procès, les convocations étant actuellement fixées pour fin 2019-début 2020. Selon lui, trop attendre « crée un sentiment d’impunité chez l’auteur » et frustre également les victimes. Grégoire Dulin espère en parallèle trouver des solutions pour raccourcir les enquêtes et augmenter encore le taux de comparutions immédiates pour des délits comme les atteintes aux personnes et aux biens.

Trois types d’affaires préoccupent particulièrement le nouveau procureur de Tours :

  • Les violences conjugales
  • Le trafic de stupéfiants
  • La lutte contre la radicalisation

Concernant les violences conjugales, c’est un défi particulièrement d’actualité avec trois meurtres en moins d’un mois dans le département (Joué-lès-Tours et Vallères le 31 mars, Cheillé le 25 avril). « Le parquet doit faire preuve de la plus grande sévérité. Nous devons aussi protéger les victimes en faisant en sorte d’exclure le conjoint violent du domicile. Je souhaite l’ouverture d’appartements relais pour [les suspects] mis en cause car ce n’est jamais aux femmes battues qui ont déposé plainte de quitter leur domicile. »

Au sujet de la lutte contre les stupéfiants, Grégoire Dulin promet « des actions visibles », notamment pour les habitants des quartiers Rabière (à Joué), Rabaterie (Saint-Pierre-des-Corps) et Sanitas (Tours), récemment entrés dans le dispositif Quartiers de Reconquête Républicaine du gouvernement. 15 policiers supplémentaires seront d’ailleurs recrutés pour y patrouiller dès septembre et des groupes locaux de traitement de la délinquance installés dans les trois communes d’ici quelques semaines pour déterminer des plans d’actions.