Tours

Le meilleur burger de France est peut-être Rue Colbert (et il y a de l’aligot dedans)

Son concepteur tentera de décrocher le titre suprême le 1er avril.

Un pain au cantal, de la fondue d’escargot, du steak, du laguiole (le fromage), une galette d’aligot… Tout ça dans un burger. C’est étonnant, très auvergnat, sans doute très bon, en tout cas ça suffit pour atterrir dans la sélection finale de la Coupe de France du burger, dont les dernières épreuves sont prévues lundi 1er avril lors d’un salon professionnel parisien. L’inventeur de cette composition s’appelle Charles Loutre, et il a tout simplement décliné une recette déjà à sa carte, l’Aveyronnais.

Charles Loutre est co-gérant de Désirs des Mets, un comptoir à sandwichs, burgers et autres gourmandises situé quasiment au bout de la Rue Colbert, côté cathédrale. Sa femme Amélie a ouvert l’enseigne il y a 5 ans, avant qu’il ne s’associe avec elle fin 2018. Pourtant à la base la restauration ce n’est pas son truc : « j’étais dans l’événementiel, l’éclairage de spectacles. » Mais il s’y retrouve : « entre Jazz à Tours ou le Conservatoire 90% de la clientèle ce sont des musiciens. » D’où peut-être le nom de son burger signature, l’Altobraco, dans lequel on distingue le mot alto autant que la référence à l’Aubrac.

Seulement 25 minutes pour éblouir le jury

Ce n’est pas la première fois que Désirs des Mets se lance dans la Coupe de France du Burger. Amélie avait tenté sa chance en 2018 avec des pommes caramélisées, du vinaigre balsamique, du camembert affiné au calvados et un pain feuilleté multicéréales. Un combo normand qui lui avait permis de se hisser dans les 100 premiers participants, sur 275.

Charles passe au niveau supérieur pour 2019 puisqu’il fait partie des 5 derniers de la région Ouest… Lors du concours, il aura 25 minutes et pas une de plus pour assembler 3 burgers goûtés par le jury. S’il remporte cette phase du concours, il tentera sa chance en finale nationale. « Je peux me démarquer car les 4 autres concurrents du Grand Ouest ont des recettes iodées avec des produits de la mer » fait-il remarquer. Il faut savoir que les jurés s’attacheront à la présentation et au goût de la création mais que les votes des internautes ont aussi leur importance puisqu’ils peuvent rapporter un point supplémentaire.

Comment on fait une galette à l'aligot ???

C’est le moment où on s’intéresse d’un peu plus près à l’élément le plus remarquable de l’Altobraco : la galette d’aligot. Pour le coup, c’est Amélie qui en est l’instigatrice : « on a l’habitude de dire que l’on peut tout mettre dans un burger. Lors d’un repas de famille on m’a mis au défi d’incorporer de l’aligot. » Sauf que l’aligot, ça coule. 6 mois de tests plus tard, la trentenaire tourangelle a fini par trouver la parade : de l’aligot en galette. Et, oui, elle est aussi capable de mettre du cassoulet entre deux tranches de pain. « Nos clients nous proposent souvent des idées » explique le couple.

Pour Désirs des Mets, cette Coupe de France est donc une parenthèse fun dans un quotidien bien chargé. L’enseigne ne cesse de se réorganiser avec le projet d’ouverture d’une salle pour manger sur place avec 16 places assises, une formule avec verre de vin vient d’allonger la carte et surtout elle cherche en permanence à agrandir la proportion de fournisseurs locaux « même si on a parfois des refus quand on dit que l’on fait de la restauration rapide. » Néanmoins, la farine du pain 100% maison viendra bientôt de la région, les patates sont du Loir-et-Cher, le fromage de chèvre d’un médaillé tourangeau 2013 du Salon de l’Agriculture… « On essaie également de s’orienter vers le zéro déchet, par exemple les épluchures de pommes de terre vont aux cochons du cousin. »

Olivier Collet

La page Facebook de Désirs des Mets avec le lien pour voter et soutenir leur burger.