Tours

Un appel pour ne pas prolonger le périphérique de Tours

Il a été lancé ce lundi au conseil municipal de Tours.

Le débat n’est pas nouveau, mais il revient à la Une de l’actualité en ce début d’année 2019. La question est la suivante : faut-il prolonger le périphérique de Tours dans sa partie Nord, c’est-à-dire à l’Est de St-Cyr-sur-Loire ?

A écouter le président de Tours Métropole Philippe Briand la réponse est oui, ce dernier plaide pour un prolongement jusqu’à la Route de Rouziers, soit une opération à 25 millions d’€. Mais cette proposition ne fait pas vraiment que des heureux.

Les écologistes s’inquiètent de ce potentiel chantier de 2,5km. Après avoir déjà fait part de ses craintes au conseil métropolitain du 4 mars, l’élu EELV de Tours Emmanuel Denis a repris la parole ce lundi 18 mars au conseil municipal : « ne laissez pas faire l’extension du périphérique, c’est irréaliste et dispendieux » a-t-il demandé au maire au détour d’une délibération sur le rapport d’activité de Tours Métropole.

Dénonçant globalement le faible niveau d’investissements écologiques à Tours (« ce mandat est responsable de n’avoir isolé aucune passoire thermique, de dépenser des millions en bitume par an sans créer de réseau vélo structurant, de laisser construire de nouveaux bâtiments publics sans exiger la meilleure isolation possible »), le membre du groupe Tours à Gauche s’est inquiété de  l’impact de la prolongation du périphérique sur l’environnement : « sur le parcours il y a des espaces agricoles riches reconnus et des zones humides avec des espèces protégées. On s’engagerait dans une dizaine d’années de procédures de recours obligeant à la fin à payer des compensations environementales très onéreuses. Le projet total coûterait entre 140 et 170 millions d’euros soit 1,5 fois le Plan Vélo. Ne pas faire ce périphérique cela serait un geste fort pour dire aux jeunes qui manifestaient pour le climat vendredi qu’on a compris qu’il fallait arrêter de construire de nouvelles routes et engager la vraie transition. »

L’élu macroniste Pierre Commandeur a lui défendu le projet d’extension du périphérique : « j’entends une minorité bruyante mais j’entends aussi une majorité qui prend la voiture tous les jours pour aller travailler et se retrouve dans les bouchons. Il sera nécessaire de terminer ce périphérique afin de régler ce problème et diminuer le trafic sur les bords de Loire car des personnes qui viennent de l’ouest du département préfèrent passer par le centre-ville pour rejoindre l’autoroute plutôt que d’emprunter un périphérique qui n’aboutit nulle part. »

Thibault Coulon (adjoint au maire) a lui rappelé que le projet faisait partie du programme de l’équipe de Serge Babary lors de l’élection municipale de 2014, signifiant donc son soutien aux travaux. Le maire Christophe Bouchet a suivi cette ligne : « je n’ai pas d’opposition au périphérique, au contraire. On a besoin d’un périphérique au moins jusqu’à l’A10. Si on est intelligent dans la construction, le revêtement et la relation ville-nature on peut faire un équipement qui soulage largement la métropole du flot automobile avec des parkings relais connectés au périphérique. Ainsi les flux de voitures ne rentreraient pas dans la ville et ne créeront pas de pollution inutile. »

Néanmoins, pour l'instant, seul le prolongement de 2,5km est à l'étude et selon Emmanuel Denis il faudra bien au moins 10 ans pour poursuivre le parcours.

Photo d'illustration.