Tours

Plan Vélo à Tours Métropole : 20 millions d’€ à trouver pour des travaux urgents

Et plus de 100 millions d’€ pour réaliser l’ensemble du programme.

Des gens qui circulent à vélo dans l’agglo de Tours on en trouve beaucoup, et même de plus en plus. Les preuves ?

  • Les 7 compteurs de cyclistes répartis dans la Métropole ont vu le nombre de passages progresser de 27% entre septembre 2017 et septembre 2018
  • Les chiffres de fréquentation des circuits de la Loire à Vélo sont également orientés à la hausse.

Oui, mais circuler en deux-roues non motorisé n’est pas toujours simple… Entre les voitures, les piétons voire le tram, les adeptes du vélo disent souvent avoir du mal à trouver leur place dans le trafic, voire se sentent en danger.

Pour que ça change, Tours Métropole révise en ce moment son schéma directeur cyclable et c’était nécessaire : le dernier remontait à une dizaine d’années. Entre temps, les habitudes ont changé : « au lieu de trajets qui faisaient en moyenne 2km pour aller au travail, on fait aujourd’hui 7, 8 ou 9km » explique par exemple Michel Gilot, l’élu en charge du dossier à Tours Métropole. Également surnommé « Plan Vélo », le document sur lequel il travaille a pour but d’établir une carte des principaux besoins de déplacements des cyclistes, qu’ils soient touristes ou usagers réguliers pour leur travail et leurs sorties. Une fois ces trajets connus dans les 22 communes de l’agglo, des travaux d’aménagements peuvent être envisagés pour leur faciliter la vie.

Objectif 210 000 habitants à moins de 3 minutes d’un grand axe spécial vélo

C’est là que ça devient intéressant… Les besoins recensés sont nombreux : créer un franchissement vélo de la Loire entre St-Cyr-sur-Loire et La Riche, en faire un autre entre les Atlantes et la gare de St-Pierre-des-Corps, un troisième de Villandry vers Cinq-Mars-la-Pile, un au Menneton vers la Gloriette ou encore un entre Rochecorbon et St-Pierre-des-Corps. La liste des travaux à entreprendre est longue pour réaliser un objectif d’ici 2030 : 210 000 habitants sur 300 000 à moins de 3 minutes d’un grand axe adapté aux vélos.

« On a la chance d’avoir la Loire et le Cher, une étoile ferroviaire et une étoile autoroutière mais notre gros souci ce sont leurs franchissements » résume Michel Gilot. Car construire une passerelle ou un tunnel coûte cher. Pour mener à bien tous les chantiers nécessaires, il faudrait « 110 à 150 millions d’euros » selon l’élu. On lui fait remarquer que c’est le tiers de l’enveloppe que la Métropole s’apprête à consacrer pour la 2ème ligne de tram : « c’est difficile de comparer avec d’autres installations, on ne remplacera pas une ligne de tram avec des vélos » rétorque-t-il.

Les chantiers les plus urgents traités d’ici dix ans ?

Ce qu’il faut comprendre, c’est que Tours Métropole estime ne pas avoir les moyens pour investir d’un coup des dizaines de millions d’euros pour des équipements spécialement pensés pour les vélos. Cela dit, Michel Gilot se veut rassurant en indiquant que désormais « toutes les nouvelles infrastructures routières on est obligé de tenir compte des circulations douces même si ce n’est pas identifié comme un budget dédié au vélo. Le vélo ça se fait dans le temps. Le tout c’est de ne pas s’arrêter. Aujourd’hui le vélo on en parle presque partout dans les budgets et les rapports de la Métropole. C’est déjà un gros plus, on a conscience des enjeux. » Ce qui n’empêche pas des ratés comme les premiers croquis du remangeâmes de l’Avenue de Grammont à Tours publiés par la ville : « il y a peut-être encore un manque d’habitudes » commente sobrement le vice-président métropolitain.

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Bref, même si tout le monde est à peu près convaincu qu’il faut encourager la pratique du vélo, il n’y aura pas de grosse enveloppe travaux. Ainsi, Michel Gilot table sur « 20 millions d’euros » pour traiter « les urgences » d’ici 10 ans. Les urgences ? La première citée par l’élue c’est le franchissement du Pont d’Arcole sur le Cher, celui qui relie Ikea à St Avertin en parallèle de l’autoroute : « de nombreux cyclistes l’empruntent sur le trottoir et ne peuvent pas se croiser. » Dans le meilleur des mondes il verrait bien la construction d’une passerelle dédiée aux vélos mais le coût pourrait s’avérer prohibitif (un projet similaire sur la Loire avait été estimé à presque 10 millions d’euros pour relier La Riche à St-Cyr). Des études pourraient être lancées cette année afin chercher la meilleure solution.

Autre chantier défini comme important : créer de grands axes pour traverser l’agglo d’Est en Ouest et du Nord au Sud. Là-encore, des études seront nécessaires pour identifier les points de passage adaptés. Pour cela, la Métropole travaille également avec le Collectif Cycliste 37.

De nouveaux abris pour vélos nécessaires

Pour celles et ceux qui se servent du vélo pour la balade, Michel Gilot souhaite également lancer une étude afin de créer une liaison St-Cyr-sur-Loire / St-Etienne-de-Chigny, de quoi terminer une boucle Ouest via les deux rives de la Loire avec le centre de Tours comme point de départ et d’arrivée. Un trajet similaire est en cours de finition à l’Est avec les travaux de création d’une véloroute Rochecorbon-Vouvray, un chantier à 2 millions d’euros qui devrait débuter cette année pour s’achever en 2020.

Moins coûteux qu’un pont mais tout de même indispensable : les stationnements pour vélo. On en compte plus de 10 000 dans la Métropole, mais peu vraiment très bien sécurisés et équipés d’un toit comme celui de la gare de St-Pierre-des-Corps (plus de 50 places abritées). Un nouvel équipement est en cours de construction au Centre Aquatique du Lac et Michel Gilot en espère d’autres dans le courant de l’année en étudiant au passage la question de rendre leur accès gratuit ou peu cher aux abonnés des transports en commun. Il lui reste au passage un défi à relever : créer un abri digne de ce nom à la gare de Tours. Comme la SNCF bloque et que les travaux de l’Ilot Vinci ne sont pas engagés, il espère trouver un accord avec l’exploitant du parking souterrain pour y aménager quelque chose.

Olivier Collet