Tours

Aux Deux-Lions, on cherche des solutions aux bouchons

Et au manque de places de parking.

Au sud du Cher, le quartier des Deux-Lions de Tours n’affiche pas (encore) complet. En ce moment, des immeubles poussent entre l’Heure Tranquille et le gros bâtiment d’EDF. L’entreprise Fidélia et 400 employés est également annoncée dans le secteur, en attendant la construction d’une future patinoire toute neuve imaginée par Tours Métropole (pour l’instant, pas de date d’ouverture connue, ni de budget). Ça fait plein de projets… dans un secteur de la ville qui a déjà tendance à saturer niveau circulation.

Avec 4 000 habitants et presque autant de salariés, les Deux-Lions c’est à la fois un quartier d’affaire, un quartier d’études, un centre commercial et un espace de vie. Tout ce monde-là bouge… Et ça crée des bouchons. Un peu le matin, et beaucoup le soir. Les points noirs ? Le rond point au bas de la Tour Lumière en direction du périphérique et du Pont Saint-Sauveur, ou encore l’entrée du quartier du côté des jardins familiaux de la Bergeonnerie. Pas toujours simple non plus si vous arrivez de Joué-lès-Tours en début de journée.

A LIRE AUSSI : Notre grande enquête aux Deux-Lions sur 37 degrés

Bref, même 5 ans après l’inauguration du tram, le quartier des Deux-Lions reste très dépendant de la voiture. C’est ce que l’on peut en partie vérifier dans une enquête initiée par le syndicat CFDT en septembre dernier… 1 000 questionnaires ont été distribués, seuls 105 sont revenus mais le constat est clair : 61% des personnes qui se sont exprimées déclarent venir en voiture pour rejoindre leur entreprise (banque, opérateur de téléphonie, services de Tours Métropole…). Dans ce groupe, seuls 2% font du covoiturage. Pour le reste, 25% utilisent les transports en commun (18% le tram), 12% le vélo. On trouve aussi 2% de marcheurs, des chanceuses ou chanceux qui habitent tout près de leur lieu de travail.

En moyenne 26 minutes de trajet

D’où viennent les salarié.e.s des Deux-Lions ? Tours pour la plupart, et bien sûr les principales communes de l’agglo. Mais certains font plus de route : la région blésoise, Vendôme ou Le Mans selon le sondage de la CFDT. Temps de trajet moyen : 26 minutes. « Il est quasi identique entre les utilisateurs des transports collectifs et de la voiture » relève le syndicat.

(c) Delphine Nivelet

Autre chiffre à prendre en compte : 25% des personnes interrogées ne se disent pas satisfaites des conditions de transport vers leur lieu de travail. Pourquoi ? Les bouchons, évidemment. Mais aussi le manque de places de parking. Et même la transformation plus ou moins sauvage de l’ex place du marché en parking de 60 places près de la station de tram ne résout pas le problème. Le parking du cinéma CGR déborde dès le début de matinée, et ceux des entreprises affichent complet… « Le quartier est devenu un grand parking relais gratuit » pour les gens qui prennent le tram relève-t-on dans les commentaires du questionnaire. Pas faux.

Pistes de solutions : plus de télétravail ou de covoiturage

Peut-on remédier à ce problème ? La CFDT avance quelques pistes de solution : développer le télétravail, encourager le recours aux transports collectifs via des remboursements d’abonnements au-dessus du seuil légal de 50% par les entreprises (l’une d’elles va jusqu’à 100%), faire la promotion du vélo (là, il y a de la place pour se garer !) en remboursant les abonnements Vélociti ou Indigo Wheel…

Le syndicat demande également aux employeurs de réserver des places aux adeptes du covoiturage et au passage de booster la communication autour du site local Covoiturons en Touraine : « nous sommes 4 inscrits à travailler dans le quartier » déplore Vicent Plainfossé, initiateur de la démarche qui fait chaque jour le chemin depuis Rochecorbon, tout seul. Selon lui, ce site « payé par nos impôts » n’est pas assez développé… alors même qu’il ne prend pas de commission. Des idées à souffler aux voisins de la Métropole ou à la ville mais, dans l’immédiat, le travailleur tourangeau ne les a pas contactés…

Olivier Collet