Tours

Gilets Jaunes à Tours : l’Acte XII résumé en 12 points

Plus de 2 000 personnes ont participé à ce rendez-vous régional.

L’Acte XII des Gilets Jaunes à Tours avait été annoncé comme plus fort que les autres samedis, avec des renforts venus d’autres départements. Ils sont venus… mais beaucoup moins nombreux que ce que certains redoutaient. On fait le bilan…

 

1 - Le point météo :

La journée a débuté sous la grisaille, forçant les Gilets Jaunes réunis sur le parking de Rochepinard en fin de matinée à sortir les parapluies pour leur déjeuner en commun. Les capuches étaient encore de rigueur en début de manifestation, quand le cortège a pris la direction du centre-ville via la Rue Edouard Vaillant, le Sanitas et l’Avenue de Grammont. Même si tout le monde n’a pas enlevé sa capuche, le ciel s’est progressivement éclairci. Les températures étaient elles de saison, rendant appréciables bonnets et écharpes. A ce sujet, question existentielle : la loi anticasseurs en discussion au parlement prévoit-elle de la souplesse pour les personnes qui se couvrent le visage avec une grosse épaisseur de laine pour ne pas rentrer de manif’ avec les lèvres gercées ?

 

2 - Le point barricades :

Ce n’était pas le jour pour retirer des sous… Les banques de la Rue Nationale avaient muré leurs distributeurs. Et plusieurs commerces avaient fait de même pour leurs vitrines, quand ils n’ont pas tout simplement choisi de fermer pour l’après-midi. On retiendra qu’aucune boutique n’a été attaquée, à part un rideau de fer bien amoché aux Galeries Lafayette (dont les 70 salariés ont été évacués en fin d'après-midi, quand un groupe provoquait les forces de l'ordre Rue Etienne Pallu).

 

3 - Le point géographie :

A un drapeau breton près (il y a toujours un drapeau breton dans les grandes foules), la manifestation de Tours n’était pas un rassemblement du Grand Ouest comme on a pu l’annoncer, plutôt un point de convergence entre manifestants venus de Touraine et des départements limitrophes (Maine-et-Loire, Deux-Sèvres, Loir-et-Cher, Cher, Sarthe).

 

4 - Le point slogans :

Entre deux « Macron Démission » et autres noms d’oiseaux en direction du ministre de l’intérieur Christophe Castaner, on retiendra ce jeu de mots accroché sur les grilles de l’Hôtel de Ville Place Jean Jaurès.

 

5 - Le point langue française :

Il manque un E sur cette pancarte…

…il a dû s’échapper, on l’a retrouvé sur celle-ci !

 

6 - Le point musique :

A l’arrière du cortège, une sono balance les tubes des Gilets Jaunes, des chansons enregistrées par différents groupes pour motiver les troupes. A l’avant, on a sorti les tambours.

 

7 - Le point tags :

Beaucoup, beaucoup de tags pour cet Acte XII : « œil pour œil » a-t-on pu lire sur plusieurs murs, « Je veux jouir de mes droits » sur les palissades du haut de la Rue Nationale, « ACAB » (acronyme d’All cops are bastards) sur le tribunal, les Galeries Lafayette ou les banques. Beaucoup de références au RIC mais également à des heures plus ombres de l’histoire européenne…

 

8 - Le point chiffres :

En début de semaine, on a pu écrire que 6 à 10 000 personnes pourraient se déplacer à Tours ce 2 février, avant que la préfecture prévoit 3 000 manifestants vendredi. Au final, les autorités évoquent 1 850 personnes au plus fort de l’après-midi. On peut raisonnablement dire qu’elles étaient plutôt entre 2 et 3 000, quelques centaines au départ de Rochepinard. Bref c’est plus que les samedis précédents (1 000-1 500 personnes), c’est conséquent deux mois et demi après le début d’un mouvement social, mais loin d’être exceptionnel pour une mobilisation dans le centre de Tours.

 

9 - Le point fashion :

Certains Gilets Jaunes investissent pour avoir le plus beau gilet : floqué comme un maillot de foot, décoré de caricatures ou avec un slogan imprimé… Il y a de l’inventivité ! Pour se distinguer dans la foule, certains adoptent également des modèles différents du gilet classique de l’automobiliste. On notera que de nombreux slogans écrit à même les gilets insistaient sur le pacifisme.

 

10 - Le point lacrymos :

Les forces de l’ordre étant mobilisées en nombre (240 policiers et gendarmes), elles se sont essayées à une nouvelle stratégie : l’encerclement. Quand les premières lacrymos ont été tirées vers 17h00-17h30 elles partaient donc de tous les côtés : Rue Marceau, Rue Victor Hugo et Boulevard Béranger. Pas suffisant pour disperser toute la foule présente autour de Jean Jaurès, mais assez pour désorganiser le groupe.

 

11 - Le point médics :

Au moins 3 personnes ont été blessées et prises en charge par les secours, dont une pour une crise d’épilepsie. Une personne a également été soignée après un malaise à la suite de l’inhalation de gaz lacrymogène. Nous avons vu un homme blessé à la tête à la préfecture après le jet d’un projectile par un manifestant. Une personne également blessée à la jambe par un éclat de grenade puis de nouveau aspergée de gaz alors qu’elle était soignée par les manifestants équipés de matériel médical…

 

12 - Le point police :

4 personnes ont été interpellées, dont 3 en début de manifestation (pour possession de stupéfiants) et un homme de 31 ans pour des violences. Il n’y a pas eu d’incendie de poubelle ou de quoi que ce soit. Pas de casse de mobilier urbain. Juste de nombreux tags (cf. point N°7). On retiendra également le face à face Boulevard Béranger en fin de manifestation, quand des manifestants ont apostrophé les forces de l'ordre de longues minutes avant d'évacuer.

Photos : Laurent Depeigne, Delphine Nivelet, Olivier Collet