Tours

Les grandes manifestations à Tours ces 15 dernières années

Alors que la ville s'apprête à devenir le point de ralliement des "Gilets jaunes" de tout le Grand Ouest...

 

Tours s'apprête à accueillir une manifestation d'ampleur ce Samedi 02 février 2019. La préfecture d'Indre-et-Loire sera en effet le point de ralliement du mouvement des "Gilets jaunes" pour tout le grand ouest de la France, ce qui devrait braquer les regards sur la cité tourangelle. Au moins 6000 manifestants sont ainsi attendus et des mesures de précaution devraient être prises par les autorités (voir notre article à ce sujet).

Si cette manifestation s'annonce unique en son genre, Tours a déjà connu de grands rassemblement populaires... Petite sélection non exhaustive de ces 15 dernières années.

Printemps 2006 : Les manifestants condamnent le CPE

Au printemps 2006, le projet de Contrat Première Embauche du gouvernement de Dominique Villepin est à l'origine d'un printemps social que peu avaient vu venir. Cela débute en février avec des universités bloquées peu à peu. Tours n'échappe pas au mouvement. Ce dernier va grossir progressivement et s'élargir aux différents corps de la société. Le 28 mars, une première manifestation interprofessionnelle réunit 18 000 personnes à Tours. Ils seront 20 000 le 04 avril. Le gouvernement finira par céder et retirera le CPE. C'est à ce jour la dernière fois qu'un mouvement social a réussi à faire reculer un gouvernement et faire annuler un projet de loi.

Automne 2010 : La réforme des retraites fait descendre 25 000 personnes dans la rue

Si dans les souvenirs populaires, beaucoup se rappellent des grandes grèves de 1995 contre le plan Juppé de réforme des retraites (qui avaient attiré jusqu'à 35 000 personnes dans les rues à Tours), plus près de nous, les manifestations de l'automne 2010 contre une nouvelle réforme des retraites fait redescendre la population dans la rue à plusieurs reprises. Un mouvement qui s'installe dans la durée, entre les mois de septembre et novembre.

Le point d'orgue est atteint en octobre avec 23 000 manifestants le 12 octobre selon la CGT (15 000 selon la police) puis le 19 octobre avec 25 000 manifestants selon les syndicats (et toujours 15 000 selon la police), dont beaucoup d'étudiants et de lycéens. Le gouvernement de François Fillon ne cédera pas et comme en 2003, malgré des mobilisations massives la réforme des retraites sera adoptée.

2011 : rassemblement contre la tenue du Congrès du FN

Il n'y a eu certes que 3000 personnes dans les rues ce samedi 15 janvier 2011. Pourtant le rassemblement fait parler de Tours dans toute la France. C'est d'ailleurs la dernière manifestation de rang national connue à Tours. La raison : la tenue du congrès du Front National au Vinci. Un congrès qui voit Marine Le Pen devenir présidente du parti d'Extrême-droite. Le centre-ville est alors bouclé. En fin de manifestation des policiers et quelques centaines de manifestants s'affrontent, créant des scènes de chaos en ville.

11 janvier 2015 : 35 000 "Charlie" à Tours

Ce n'est pas une manifestation sociale ou politique, mais difficile de ne pas la mentionner tant la masse énorme de Tourangeaux s'étant déplacés est impressionnante en ce 11 janvier 2015. Quatre jours plus tôt, les Français ont découvert l'horreur des attentats sur son territoire, avec l'attaque des frères Kouachi contre le journal Charlie Hebdo qui a décimé toute une rédaction, puis deux jours plus tard celle de l'Hyper-Casher.

Ce 11 janvier 2015, la marée humaine venue rendre hommage aux victimes est impressionnante, compacte, triste également. Un moment de communion et d'union nationale.

09 mars 2016 : 7000 personnes battent le pavé contre la Loi El Khomri

C'est le dernier grand rassemblement social qu'à connu la Touraine. En 2016, les syndicats mobilisent contre la loi Travail, dite loi El Khomri, du nom de la ministre de François Hollande. Le 07 mars 2016 à Tours ils sont environ 7000 à manifester dans les rues (10 000 selon les syndicats). Le point d'orgue de la rupture entre le président socialiste et une partie du peuple, notamment celui votant traditionnellement à gauche.

Mathieu Giua