Tours

Le saviez-vous ? Les magasins peuvent ouvrir dimanche à Tours

Et c’était déjà le cas le 20 janvier.

La loi autorise les magasins à ouvrir jusqu’à 12 dimanches par an. Mais c’est à l’échelle locale que les décisions sont prises. Dans l’agglo de Tours, la tradition c’est 3 dimanches dédiés au shopping en décembre, des ouvertures dominicales le 1er dimanche des soldes d’été et d’hiver et une autorisation supplémentaire pour la Braderie de Tours début septembre. En fonction du calendrier, un 4ème dimanche est accordé en décembre, ce qui était le cas en 2018.

Entre temps, les Gilets Jaunes sont passés par là… Depuis le 17 novembre, pas un samedi sans mobilisation dans le centre-ville de Tours, avec des tensions quasiment chaque week-end depuis le 24 novembre, ces dernières ayant atteint leur apogée le 1er et le 8 décembre.

Même si de nombreux commerçants comprennent les revendications des manifestants, voire les soutiennent, ils ont observé une diminution du nombre de clients dans les dernières semaines de 2018, une période où ils font normalement une grosse part de leur chiffre d’affaire. Cela vaut pour les boutiques d’enseignes nationales, les grands magasins, les indépendants ou les propriétaires de stands du marché aux fleurs sur le Boulevard Béranger.

Afin de rattraper le chiffre d’affaire perdu, les 2 000 professionnels du commerce installés à Tours ont demandé des mesures aux pouvoirs publics. Ils ont été entendus : en fin d’année, la mairie a désactivé les parcmètres le samedi après-midi à partir de 14h et a renouvelé cette mesure pour les samedis 19 et 26 janvier, à l’exception des parkings souterrains. Effet immédiat : il y a de nouveau du monde en ville le samedi après-midi, « mais aussi plus de fréquentation le samedi matin, avant les manifestations » confie la directrice du Printemps Soizic Pinero.

Autre demande émanant de commerçants : des autorisations pour plus d’ouvertures le dimanche… Requête acceptée par la préfecture d’Indre-et-Loire pour le 20 et le 27 janvier. Un coup de pouce des services de l’Etat passé globalement inaperçu : très peu de communication, hormis de certaines enseignes envers leurs clients fidèles. Résultat : hormis le Printemps, les Galeries Lafayette et quelques grandes marques, la quasi-totalité des rideaux étaient baissés la semaine dernière, et ce sera encore le cas ce dimanche. Une situation déplorée par le conseiller municipal en charge du commerce à Tours Mauro Cuzzoni qui déplore que les magasins ne se soient pas emparés de cette opportunité. Opinion partagée par la patronne du Printemps qui, même avec une équipe réduite, estime que son chiffre d’affaire réalisé le 20 janvier prouve qu’il existe un potentiel pour cette journée.

Sans surprise, le regard est complètement différent du côté des représentants des salariés. Dès le 10 janvier, FO et la CGT se sont agacés de la dérogation accordée par la préfecture : « on assiste (…) à une volonté (…) d’assouplir les règles dérogatoires et de libéraliser de plus en plus le travail du dimanche (…) (ceci créerait de facto un précédent qui ferait tâche d’huile pour les autres communes ou zones commerciales). Cette volonté ou ces décisions libérales (prises en dehors de tout cadre de négociation avec les syndicats qui plus est), dont on peut douter de leur légalité d’ailleurs, remettent en cause la vie familiale et personnelle des salariés du secteur et vont rendre leurs conditions de travail et d’existence encore plus difficiles. Là, n’est pas la solution pour faire repartir réellement l’activité économique. du pays et créer de l’emploi ! Pour consommer encore faut-il en avoir les moyens et les mesures Macron ne répondent en rien à cette urgence sociale » ont-ils écrit.