Tours

Des nounous tourangelles inquiètes pour leur assurance chômage

Elles manifesteront le 2 février devant la préfecture d’Indre-et-Loire.

Après les Gilets Jaunes et les Stylos Rouges, voici les Gilets Roses. Déjà mobilisés fin 2018, ils préparent une action nationale pour le samedi 2 février, avec 32 rassemblements dans toute la France dont un à Tours. Ces Gilets Roses, ce sont des assistantes maternelles qui les portent. Soutenues par les syndicats CGT et FO, elles comptent défendre leur modèle d’assurance chômage qu’elles redoutent de voir modifié prochainement par le gouvernement.

Représentante des Gilets Roses en Indre-et-Loire, Isabelle Pfeiffer s’explique : « aujourd’hui quand on perd un ou plusieurs contrats – si un enfant rentre à l’école par exemple – Pôle Emploi prend le relais et nous touchons des indemnités pour activité réduite jusqu’à ce que l’on retrouve un autre enfant. Mais un projet de décret supprimait ces allocations tant qu’il nous restait au moins un enfant en garde. Cela posait de gros problèmes si on passait par exemple de 4 à 1 enfant sans complément. La ministre du travail a donc annoncé que le décret ne serait pas appliqué pour l’instant mais elle continue d’envisager des modifications du régime d’allocations qui serait soumis à conditions. »

Maman de 3 enfants, et agréée pour en garder 2 dans son domicile de Tours-Est, Isabelle Pfeiffer connait bien le problème des pertes de contrats : « il y a un an j’ai mis 8 mois à retrouver un enfant. En avril je vais perdre un contrat car la maman est enceinte et souhaite garder son enfant à la maison, je suis presque sûre que je vais au moins mettre 4 mois pour trouver autre chose en raison des contraintes de mon agrément qui font que je ne peux avoir qu’un seul bébé de moins de 18 mois à la fois. »

Alerter sur les difficultés de la profession

Même si les futures conditions pour toucher les indemnités chômage n’ont pas encore été dévoilées, la représentante tourangelle des Gilets Roses craint un régime défavorable : « certaines collègues pourraient arrêter le métier » assure-t-elle. Un emploi essentiel mais pas toujours bien payé. Malgré des tarifs supérieurs au plancher de base, Isabelle Pfeiffer déclare toucher seulement 1 100€ par mois avec des incertitudes permanentes sur la pérennité de ses contrats. Elle sera donc dans la rue avec ses consœurs le 2 février dès 10h devant la préfecture d’Indre-et-Loire, et attend la réponse de la préfète à une demande de rendez-vous pour exposer ses revendications.

En parallèle, la nounou du quartier Jolivet espère attirer le mouvement sur les difficultés de sa profession… Elle évoque par exemple les trop-perçus d’allocations chômage que Pôle Emploi demande de rembourser après coup ou la difficulté de trouver de nouveaux contrats en dépit de l’essor d’Internet : « on pourrait par exemple organiser des speed-datings avec les familles » suggère-t-elle (ça existe déjà à Orléans).

Olivier Collet