Tours

[#MIAM] Tours, la ville accro aux fast food

On peut désormais s’en faire livrer 24h/24.

Le site My Pharma évoque un classement de la « malbouffe » : depuis 4 ans, il publie chaque année un recensement de la présence de 16 grandes enseignes de restauration rapide dans les principales villes françaises (McDo, Burger King, Subway, Paul…). La dernière édition vient tout juste de sortir du four ! Avec 25 points de vente et 0,18 fast food pour 1 000 habitants Tours se retrouve sur le podium de ce palmarès trop gras, trop sucré et trop salé. Tours 3e derrière Metz et Bordeaux… Soit un gain de 6 places en un an, sachant qu’elle n’avait pas été étudiée par la rédaction du site auparavant.

Cette concentration tourangelle des poids lourds du repas vite avalé est supérieure à celle de Paris, de Lyon ou de Marseille… Néanmoins, le listing est incomplet : les entreprises indépendantes comme les kebabs ne sont pas prises en compte. Ni les établissements situés dans les autres villes de l’agglomération ou d’autres enseignes que l’équipe du média ne classe pas (encore ?) dans la catégorie malbouffe (Eat Salad, Pitaya, French Burritos, Planet Sushi, Sushi Shop…). On ne sait pas non plus si cette éclosion entraîne une raréfaction de points de restauration plus « sains ».

« L’éclosion de salade bar et autres concepts bio, vegans, etc… n’y change rien, la vaste majorité des endroits où nous mangeons « vite » reste des endroits où nous mangeons peu équilibré. Et trop vite ! Ce classement n’a toujours pas pour but de pointer du doigt les habitudes de consommation, mais en toute transparence de questionner le rôle de ces enseignes dans nos habitudes de consommation » précise My Pharma pour expliciter sa démarche. Il faut donc comprendre que pour lui, manger une salade en 7 minutes chrono n’est pas forcément très sain.

Malgré les lacunes de l’enquête, cette recrudescence de mastodontes du burger, du tacos ou de la pizza dérange un peu dans une ville qui se félicite d’avoir obtenu le label de Cité de la Gastronomie. Un exemple : la polémique autour de l’arrivée de McDonald’s dans le Vieux-Tours (même si personne n’a rien dit sur l’installation d’O’Tacos à quelques dizaines de mètres, l’enseigne s’étant depuis largement multipliée).

5 restaurants vont livrer toute la nuit à Tours

Que l’on soit pour ou contre, adepte plus ou moins régulier de ce type de nourriture, on ne peut que constater que le modèle se fond dans le paysage. Et ça donne des idées… La société Uber Eats qui livre des repas via une centaine de coursiers à vélo lance officiellement un nouveau concept à Tours ce lundi : la livraison 7 jours sur 7 et 24h/24 (auparavant les dernières livraisons étaient assurées aux alentours d’1h du matin, et ensuite plus rien ne se passait jusqu’à 9h).

En test depuis quelques semaines, le dispositif est quasi inédit en Europe : seules Paris et Londres l’ont déjà mis en place. « Il y a une véritable appétence pour ce type d’offre avec des clients qui veulent commander plus tard que 2h-3h du matin, on sait donc que le marché est porteur » commente Julien Proust, qui représente l’entreprise dans le secteur Ouest de la France.

Avant de choisir Tours, Uber Eats a fait une enquête : « les clients qui utilisent l’application ici avaient identifié qu’ils souhaitaient un prolongement des horaires de livraison donc on s’est dit que ça serait un bon test » résume Julien Proust. Selon lui « plusieurs dizaines de courses » ont été effectuées entre minuit et 7h depuis fin 2018, sans aucun bug pour les clientes et les clients. De quoi valider le concept : « nous allons fonctionner avec 5 restaurateurs ouverts toute la nuit dont Mc Donald’s, L’Oasis ou encore une boulangerie. »

A LIRE SUR 37° : Notre enquête sur les coursiers livrant des repas à Tours

Uber Eats affirme donc être satisfaite des premiers retours de sa nouvelle offre. Mais c’est facile : ce n’est qu’un intermédiaire qui met à disposition une plateforme web ou mobile et empoche des commissions sur les transactions réalisées. Elle n’a pas de personnel direct sur Tours. Pas de coût donc si personne n’a faim dans la nuit du lundi au mardi, par exemple. En revanche, les restaurateurs doivent mobiliser du personnel toute la nuit pour confectionner d’éventuelles commandes, et des coursiers doivent rester éveillés pour les amener à domicile. « Notre équipe accompagne les restaurants en proposant de les aider à prolonger leurs horaires, en leur montrant le chiffre d’affaire supplémentaire qu’ils peuvent générer et sur quel type de produits » esquive Julien Proust quand on lui demande des précisions sur les garanties offertes par la plateforme pour assurer une rentabilité aux établissements.

Même genre de réponse quand on aborde la question des conditions de travail des livreurs... « En général la nuit les courses sont plus longues donc le chiffre d’affaire supérieur » note Julien Proust ajoutant qu’Uber Etats met en place « différents systèmes pour encourager les partenaires à se connecter » la nuit, autrement dit des primes potentielles mais pas automatiques. Et pas non plus de majoration immédiate du tarif de la course… Le service 24/24 n’est pour l’instant disponible qu’à Tours Centre (entre Loire et Cher) en attendant une éventuelle extension dans les prochains mois. Une possibilité supplémentaire offerte aux fast food pour gagner des parts de marché…

Olivier Collet / Photo : Léa Péruchon