Tours

Une subvention record de 47 millions d’€ pour rénover le Sanitas

Elle représente 42% du budget total du projet.

Quartier le plus pauvre de Tours, avec 93% de logements sociaux, le Sanitas est en cours de mutation. Déjà en partie transformé avec la construction de la première ligne de tramway inaugurée en 2013, il connait depuis un programme de rénovation de ses logements avec – par exemple – l’ajout d’ascenseurs en façade des immeubles. Ce n’est que le début.

Comme nous l’avons déjà évoqué à plusieurs reprises dans un article du mois de juin ou dans ce long reportage sur 37 degrés, le Sanitas va voir son paysage transformé dans la décennie à venir. Via des démolitions d’immeubles, une réorganisation des services publics ou des commerces et une rénovation de l’espace urbain, la ville de Tours et la Métropole espèrent y instaurer plus de mixité sociale, tout en en faisant un quartier sûr, dynamique, culturel, sportif… et un atout économique.

Le début des travaux retardé

Pour aboutir, ce projet nécessite des travaux colossaux : le budget total est estimé à 111 millions d’euros. Une telle somme ne se trouve pas comme ça, et les élus attendaient donc de boucler le budget pour lancer les travaux. Ainsi, pour l’instant, seule la station-service Total du quartier a fermé. Un temps prévue fin 2018, la démolition de la barre St Paul située juste à côté (avec ses commerces) a elle été reportée. Ce retard est dû aux discussions entre les instances locales et l’ANRU, l’Agence Nationale de Rénovation Urbaine (un organisme de l’Etat).

L’ANRU c’est l’institution qui a les clés en main pour valider, refuser ou amender le projet. Ce chantier de rénovation du quartier se fait sous son contrôle. Plus il répond à ses objectifs (comme la baisse de la proportion du nombre de logements sociaux), plus elle est susceptible d’augmenter sa participation financière. Tours est venu présenter une première fois son dossier à Paris en juin, et l’a amendé pour faire un second oral le 13 décembre dernier.

Un contrat officiellement signé d’ici le printemps

« On a été offensif » commente ce jeudi le maire Christophe Bouchet auprès d’Info Tours. L’élu est satisfait du résultat : l’ANRU annonce une subvention de 47 millions d’€ soit 42% de l’enveloppe totale du projet. « Jusqu’ici, leur participation n’avait jamais dépassé 35% » poursuit Christophe Bouchet qui a mis de l’eau dans son vin pour séduire les représentants de l’Etat, en acceptant notamment d’augmenter – un peu – le nombre de démolitions (qui devrait tout de même rester autour du chiffre déjà annoncé de 400 appartements rasés). Selon lui, ce qui a fait la différence c’est notamment le projet global incluant par exemple la reconstruction de l’école Kleiber, l’agrandissement du Palais des Sports, l’évolution du Centre de Vie du Sanitas (on parle de locaux sportifs au rez-de-chaussée), l’installation d’entreprises dans le secteur de la Place Neuve… Et puis premier projet qui se concrétisera : l’ouverture d’une Maison des Associations dans les locaux de l’ancien collège Pasteur (qui accueille déjà la Maison de la Réussite).

Projection du futur de la Place St Paul

Aux côtés de l’ANRU, la ville de Tours financera la rénovation du Sanitas à hauteur de 28 millions d’€, 14 millions d’€ sont budgétés par Tours Métropole. La région Centre-Val de Loire et le bailleur social Tours Habitat devraient se partager le reste. Le projet n’est pas encore complètement bouclé : des échanges entre la Touraine et Paris sont prévus dans les prochaines pour en cadrer les grandes lignes avant une signature publique espérée courant janvier et une officialisation du calendrier au printemps. Une nouvelle réunion avec les riverains est également prévue pour leur présenter les évolutions envisagées par rapport aux dernières présentations, l’ANRU attachant dit-on une importance particulière à l’échange avec les habitants.

Une fois ces démarches entreprises, le chantier concret pourrait commencer dans l’année avec la fameuse démolition de la barre St Paul. Les réalisations s’échelonneront ensuite progressivement sur une dizaine d’années avec un déblocage des crédits au fur et à mesure des travaux comme le précisent Christophe Bouchet et son adjointe en charge du dossier Alexandra Schalk-Petitot. Le dernier secteur traité devrait être Christophe Collomb, ajouté en fin de dossier et programmé à l’horizon 2029.

Olivier Collet