Tours

2 000 Gilets Jaunes main dans la main pour leur Acte IV à Tours

Ils ont défilé pendant plus de 2h dans le centre-ville samedi.

Depuis le début de leur mouvement le 17 novembre, c’est la première fois que les Gilets Jaunes tourangeaux étaient aussi bien organisés. Ce samedi 8 décembre, ils s’étaient donné rendez-vous à 14h Place Anatole Frnce en vue d’un défilé dans le centre-ville et avec l’objectif de faire oublier le rassemblement cahotique du week-end précédent, gazé par les forces de l’ordre 15 minutes après son départ. Ils ont complètement réussi leur mission.

Même si, une fois de plus, le rassemblement n’était pas officiellement déclaré aux autorités, il était programmé et encadré. Une équipe de « Brassards Blancs » formait ainsi un service d’ordre chargé de surveiller les mouvements de la foule et de metre fin à tout débordement éventuel. De plus, un tract avec le parcours a été largement distribué avant le départ du cortège et plusieurs consignes données au porte-voix pour que tout se déroule bien.

Des profs ou des cheminots avaient rejoint le mouvement. Des lycéens aussi. Si de nombreux gilets jaunes étaient encore pleins de slogans – parfois drôles, parfois lyriques, et souvent colériques – cartons et banderoles plus « classiques » étaient également visibles en nombre dans cette foule unissant 1 800 personnes selon la préfecture, et sans doute un peu plus, en tout cas un nombre plus important que le 1er décembre où on en a compté environ un millier. Tout cela malgré une pluie tenace...

Les chiens sont là aussi...

Peu après 14h, le cortège qui grossissait à vue d’œil est parti - parfois en musique (cornemuse et tambours) en direction de la fac des Tanneurs pour descendre ensuite vers les Halles et le Boulevard Béranger où il a croisé la Marche pour le Climat. C’est alors que l’on a été témoins d’une scène assez forte : des applaudissements nourris de part et d’autre, et quelques personnes parties de la Place de la Liberté pour sauver la planète qui se mêlent finalement aux Gilets Jaunes pour marcher avec eux vers Jean Jaurès, la cathédrale, le Quai Malraux, la Place Anatole France, la Rue Nationale et enfin – de nouveau – les abords de l’hôtel de ville. Sur le chemin, quelques commerces avaient baissé le rideau. D'ailleurs - globalement - il y avait peu de monde en ville ce samedi.

Il est un peu plus de 16h quand la tête du cortège – où les manifestants marchent bras dessus-bras dessous – atteint les fontaines du centre-ville pour la seconde fois après ce grand tour mené à un rythme plutôt sportif pour une manifestation. A ce moment précis, les initiateurs du rassemblement annoncent officiellement qu’il s’achève, avec un but atteint : celui d’avoir porté des revendications de justice sociale, de plus de démocratie participative, d’augmentation du SMIC et des retraites ou encore de baisse des taxes avec le cœur.

Pendant tout cet épisode, les forces de l’ordre sont restées en retrait, alors que leur présence ostentatoire avait cristalisé les tensions une semaine plus tôt. Ce n’est qu’après, quand une partie de la foule a voulu poursuivre la marche vers la préfecture, que l’ambiance a changé et que les choses se sont tendues. Une fin d’après-midi que l’on vous raconte dans cet autre article.

Photos : Pascal Montagne, Delphine Nivelet et Laurent Depeigne