Tours

De nouveaux affrontements en marge de la manifestation des "Gilets jaunes" à Tours

Cela s'est passé en fin d'après-midi

Les samedis se suivent et se ressemblent à Tours. Comme lors des deux précédents, des heurts ont eu lieu en marge de la manifestation des "Gilets jaunes". Alors que la manifestation qui a réuni environ 2 000 personnes s'était déroulée dans le calme, une centaine de personnes s'est opposée aux forces de l'ordre en fin d'après-midi.

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Les premiers heurts ont débuté à 17h. Une heure plus tôt la tête du cortège des Gilets jaunes qui ont défilé dans le calme dans le centre-ville se félicitent de la réussite du rassemblement qui s'est déroulé sans incidents, un groupe décide de prolonger l'après-midi en se dirigeant vers la Préfecture. Sur place, des banderoles sont accrochées aux grilles, les slogans anti-Etat sont lancés et environ 300 personnes sont sur place dans le calme. Au même moment rue Nationale, alors qu'une poignée de manifestants est présente, un véhicule de police traverse la rue et reçoit un projectile. C'est l'étincelle qui fera dégénérer la fin de journée.

La réponse des forces de l'ordre ne se fait pas attendre et au milieu de passants sortant des commerces ou se baladant, les premiers tirs de gaz lacrymogènes conduisent à un mouvement de panique, chacun essayant de se mettre à l'abri. S'en suivra plusieurs déflagrations et une opposition à distance entre les manifestants les plus virulents qui ont convergé rue Nationale ou place Jean Jaurès et les forces de l'ordre, policiers mais aussi gendarmes appelés en renfort ce samedi après-midi à Tours. Place de la Préfecture, les forces de l'ordre interviennent également alors pour évacuer les derniers manifestants encore présents.

21 blessés, 11 interpellations

Pendant une heure, rue Nationale et place Jean Jaurès, gendarmes et policiers tiendront à distance les manifestants leur faisant face en envoyant ponctuellement de nouveaux gaz lacrymogènes, avant d'intervenir vers 18h pour évacuer la foule présente, sans ménagement et sans faire de distinction, entraînant de nouveaux mouvements de panique avec beaucoup de personnes apeurées cherchant à fuir.

Face aux forces de l'ordre, une centaine de personnes, la plupart sans gilets jaunes, s'opposent et cherchent l'affrontement également. Elles seront refluées vers l'avenue de Grammont en direction de la place de la Liberté où d'autres policiers sont positionnés. Ils prendront alors la direction des rues voisines vers les Prébendes. Finalement les hostilités se termineront vers 19h non sans dégats : trois containers à verre ont été renversés sur le trajet tandis que plusieurs vitrines de commerces ont été cassées ainsi que des vitres de voitures ou encore un abribus.

11 interpellations ont eu lieu selon un bilan communiqué dimanche matin par la Préfecture d'Indre-et-Loire qui évoque des tentatives de pillages de commerces et des violences envers les vitres du Conseil Départemental et de la Préfecture. Les secours ont pris en charge 21 personnes, dont 3 transportées à l'hôpital Trousseau. "Aucun blessé n’est à déplorer parmi les forces de l’ordre" écrit Corinne Orzechowski qui était au commissariat. Plus de 300 hommes avaient été mobilisés pour sécuriser le centre-ville, les policiers tourangeaux mais aussi 87 gendarmes départementaux et un escadron de gendarmes mobiles.