Tours

Après les violences du 1er décembre, l’épouse d’un CRS tourangeau témoigne

Son mari était à Paris pour encadrer la mobilisation des Gilets Jaunes.

Ce week-end dans notre département, l’attention a été focalisée sur la manifestation des Gilets Jaunes Place Jean Jaurès à Tours. Les forces de l’ordre ont tenté de la disperser de 14h15 à 20h, faisant face à quelques personnes venues chercher l’affrontement au milieu d’une foule de citoyens pacifiques. Le bilan est lourd : 38 blessés pris en charge par les secours, dont 15 dans les rangs de la police. 60 hommes avaient été mobilisés. A 200km plus au Nord, des Tourangeaux étaient également sur le terrain : des CRS en poste pour la manifestation annoncée sur les Champs-Elysées, dont la violence a été bien plus forte encore que celle observée en bord de Loire.

En ce début de semaine, « révoltée » par les images des infos, l’épouse d’un de ces hommes a souhaité témoigner sur Info Tours pour fait part de sa détresse, lancer « un appel au secours au nom des femmes de policiers, pompiers ou gendarmes ». « Pour nous c’est une souffrance permanente, l’épouse elle ne vit pas » nous dit celle qui a choisi de se faire appeler Mélanie et qui se déclare par ailleurs « entièrement d’accord avec les revendications des Gilets Jaunes. Nous aussi on est de plus en plus taxés. »

Mais dans la manifestation, « comment faire la différence entre les Gilets Jaunes et les casseurs qui parfois endossent un gilet eux aussi ? » se demande cette femme. « La violence a augmenté en une semaine. C’est un truc de fou. Notre homme quand il part, on n’est pas sûr de le revoir. Si ça se trouve on va le retrouver à l’hôpital. On angoisse énormément. Samedi, j’ai regardé la télé presque toute la nuit. Il est rentré à 5h30, il était méconnaissable : il était recouvert de peinture et sentait la lacrymogène de partout. C’est choquant » explique cette femme, avec de l’émotion dans la voix, évoquant également les moments où la compagnie a dû se replier : « ils ont intérêt à se retirer pour éviter trop de violence. Quand ils utilisent les lacrymogènes en général ils le font quand ils sont agressés ou qu’ils se sentent menacés. Pas autrement. Et malheureusement ils reçoivent des ordres bien souvent mal calculés. Ils sont confrontés à la hiérarchie, donc ils subissent. »

« Fière » de son époux, mais n’osant pas tout dire de ses activités à ses enfants, Mélanie dit l’avoir reconnu sur les images diffusées à la télé : « derrière cet uniforme, il y a une famille. J’espère que la population va prendre conscience que les forces de l’ordre ne sont pas là pour, entre guillemets, fracasser tous les Gilets Jaunes. Ils défendent le patrimoine, notre patrimoine. »

Olivier Collet / Photos : Pascal Montagne (illustration)