Tours

Gilets jaunes : ce qu'il s'est passé à Tours ce samedi après-midi

Ce que nous avons vu...

Les affrontements de ce samedi entre « Gilets jaunes » et forces de l'ordre ont marqué les esprits à Tours. Rarement, la ville tourangelle aura connu un tel chaos. Pendant plus de 5 heures, manifestants et forces de l'ordre se sont en effet affrontés. Des événements sur lesquels beaucoup de choses ont été dites ou écrites. Du côté des pouvoirs publics, les réactions n'ont pas manqué et la faute est rejetée sur des « casseurs ». Du côté des manifestants, la colère a succédé à l'incompréhension et la faute incombe aux forces de l'ordre. Afin d'être le plus objectifs et transparents avec nos lecteurs, voici ce que nos reporters qui ont passé la journée sur place ont vu.

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La manifestation débutait pacifiquement

Vrai. A 14h, plus de 500 « Gilets jaunes » qui s'étaient donné rendez-vous place de la gare ont commencé à se mettre en marche vers la rue de Bordeaux en direction de la place Jean Jaurès. Dans le cortège, nous n'avons alors vu que des personnes lambda et l'ambiance était calme, sans animosité particulière. A peine arrivée place Jean Jaurès, la tête du cortège s'est faite chargée immédiatement par les forces de l'ordre qui étaient postées à l'entrée de la rue Nationale. Les gaz lacrymogènes ont été immédiatement lancés en direction de la manifestation dans le même temps dans une incompréhension quasi générale des « Gilets jaunes ». Des tirs nourris des forces de l'ordre tout au long de l'après midi, entre gaz et grenades assourdissantes dans l'incompréhension de beaucoup de manifestants. 

Il y avait des casseurs dans la manifestation

Faux. Pour justifier cette intervention rapide, la Préfecture a dès hier soir évoqué des « casseurs » infiltrés parmi les manifestants. De ce que nous avons vu au long de ces 5 heures, il n'y avait pas de casseurs à proprement parler, c'est-à-dire pas de personnes venues profiter de la manifestation pour casser du mobilier urbain ou des vitrines. En revanche, certains manifestants étaient effectivement équipés de masques et de lunettes de protection en cas d'affrontements avec la police. Ceux avec qui nous avons échangé l'ont justifié parce qu'ils ont été marqués par la manifestation du samedi précédent qui avait déjà vu des affrontements avec les forces de l'ordre.

Par ailleurs, au long de l'après-midi, la tension est montée progressivement et les plus virulents des manifestants s'en sont ouvertement pris aux policiers en leur lançant des projectiles divers. Les policiers ont eux envoyé de nombreux gaz lacrymogènes et grenades assourdissantes au milieu de la foule.

Une chose est sûre cette manifestation montre bien la rupture qu'il y a entre une partie de la population représentée par les Gilets jaunes et l'Etat.

Des manifestants étaient équipés d'acide pour le jeter sur les policiers.

Vrai. La directrice de cabinet de la Préfète d'Indre-et-Loire a justifié auprès de nos confrères de France Bleu Touraine, la charge des policiers par des échauffourées quelques instants plutôt au cours desquelles les forces de l'ordre auraient reçu des projectiles à base d'acide. Si nous n'avons pas vu cette séquence et ne pouvons donc la confirmer, en revanche dans l'après-midi, nous avons été témoins d'une scène au cours de laquelle des « Gilets jaunes » ont raisonné des individus équipés de bouteilles d'acide (photo ci-dessous) et les ont empéché d'entrer avec dans le rassemblement. Par ailleurs 9 personnes ont été interpellées selon les forces de l'ordre.

Un homme a eu une main arrachée.

Vrai. Ce dernier a ramassé une grenade lancée par les forces de l'ordre et celle-ci lui a explosé dans la main devant de nombreux témoins. Il a été pris en charge par les pompiers. Ces derniers avaient d'ailleurs établi un centre de soins dans la brasserie O Palais pour faire les premiers soins aux blessés. Les chiffres communiqués par la Préfecture font état de 35 blessés et au moins trois graves.

Un policier a été frappé au sol.

Vrai. La scène s'est passée près du tribunal, lors d'une charge policière. Un policier en civil (BAC) est tombé au sol et a été immédiatement entouré de manifestants qui l'ont roué de coups avant d'autres policiers ne viennent l'aider et l'exfiltrer.