Tours

Gilets Jaunes à Tours : après-midi tendu Place Jean Jaurès

Plusieurs personnes ont été blessées.

Pour le troisième samedi consécutif, les Gilets Jaunes étaient appelés à manifester en centre-ville de Tours pour dénoncer la politique économique du gouvernement, en particulier les hausses de taxes, ou celles du tabac et du carburant.

Dès 14h, près de 500 personnes se sont rassemblées Place Jean Jaurès, bloquant la circulation et les transports en commun. Elles ont été jusqu'à 1 000/

Dès 14h15, de premiers incidents ont éclaté avec les forces de l'ordre qui ont à tout prix cherché à empêcher les manifestants de pénétrer dans la Rue Nationale et ont donc lancé les premières bombes lacrymogènes alors que le groupe était parfaitement calme. Des dizaines de policiers barraient les accès pour circonscrire les Gilets Jaunes Place Jean Jaurès. Certains ont voulu aller vers la Préfecture mais ont renoncé face à un barrage. Le groupe n'était pas organisé.

Les manifestants ont chanté La Marseillaise et crié des slogans "Macron Démission". Beaucoup aveint des masques à gaz, quelques-uns des lunettes de natation, certains ont répliqué durement face aux assauts des forces de l'ordre à coups de bombes de peinture ou d'oeufs, et ce malgré l'appel au calme de plusieurs manifestants, ils étaient ainsi plusieurs à montrer leur désaccord face à cette situation qui les empêchait de faire entendre leur voix. La situation oscillait entre périodes de tension et moments plus calmes mais dès que les manifestants tenteaint de bouger ils se faisaient repousser. Des chaînes ont été retirées de la Place autour des fontaines. Des cailloux lancés aussi. Une caméra de surveillance a été démontée.

Il y avait plusieurs personnes blessées dès le milieu d'après-midi selon nos constatations. Les pompiers sont intervenus mais ils avaient parfois du mal à accéder au coeur de la Place. Plusieurs mineurs étaient présents dans le groupe Place Jean Jaurès, tandis que les vigiles du Marché de Noël tentaient d'éloigner les familles avec enfants. Si certaines boutiques ont baissé leur rideau, les chalets étaient encore ouverts à 15h. Les magasins de Jean Jaurès ont rapidement fermé, y compris l'Univers, mais des bars sont restés ouverts.

Vers 15h30, la police a tiré une série de grenades assourdissantes pour tenter de disperser la foule une fois de plus, réussissant juste à l'éloigner temporairement. Dans les minutes précédentes, plusieurs projectiles ont été tirés vers les forces de l'ordre (chaînes, pierres, boules du sapin de Noël, bouteilles de verre...). Plusieurs panneaux ont été démontés. Des Gilets Jaunes ont réussi à aller Rue Nationale mais ont aussi été gazés par les forces de l'ordre. Plusieurs personnes que nous avons croisées sont choquées par ces heurts et tentent de raisonner les personnes les plus excitées : "même les mains en l'air ils nous gazent et tirent" disait une femme.

Une manifestante que nous avons rencontrée (équipée de talkies walkies pour communiquer avec ses proches de peur de voir les portables brouillés) nous dit : "je suis juste là pour qu'ils augmentent le SMIC. J'ai croisé des personnes qui ont des petits salaires comme moi mais il y en a aussi qui gagnent 2 000€ par mois. Je connais un patron qui a fait des devis pour janvier, acceptés par ses clients mais les hausses de taxes ne seront pas prises en compte." Une personne a été grièvement blessée à la main, plusieurs ambulances étaient sur les lieux..

A 16h45, des centaines de personnes étaient toujours sur place malgré la pluie. Les policiers postés Rue Nationale tiraient souvent des grenades. On confirme plusieurs blessés et certaines personnes gravement touchées dont une atteinte à la main au niveau des rails du tram (scène impressionnante selon de nombreux témoins, le jeune homme ayant eu la main arrachée). Les forces de l'ordre repoussent les manifestants qui avancent. Un membre de la BAC a été pris à partie avant 16h. Les insultes vers la police étaient fréquentes et les Gilets Jaunez réagissaient surtout aux grenades. "On reviendra samedi prochain s'il le faut. Ou avant" annonce un homme. A ses côtés un petit groupe s'offusque de voir un sapin de la Place en train d'être arraché. 

Des "brassards jaunes" distribuent du sérum physiologique aux manifestants qui ont les yeux qui piquent avec le gaz. La police est huée et continue les tirs de grenades. 

A 17h45 situation enxore très tendue. On voyaitt ponctuellement passer les pompiers. De pavés ont été retirés de la place où la police tirait des flashballs à intervalles réguliers entraînant des mouvements de foule. Il y avait toujours du monde sur place mais une partie des Gilets Jaunes a quitté les lieux. Dans la foule on croisait quelques boucliers artisanaux en bois mais aussi des personnes distribuant des masques ou des gouttes pour les yeux. "Macron Démission" était souvent scandé. 

A 18h Jean Jaurès était vide. La rue était jonchée de débris des grenades tirées ou de décorations de Noël cassées. Des voitures de police barraient encore la Rue Nationale. Un cadavre de poubelle incendiée gisait près des fontaines ainsi qu'un mât tombé.

A 20h, la police restait déployée à Jean Jaurès et à la gare avec ponctuellement quelques incidents. Le trafic bus et tram restait perturbé mais les voitures passaient. Un bilan de la Préfecture évoque 35 blessés : 20 manifestants et 15 policiers. La victime la plus gravement touchée est celle blessée à la main.

A 20h15, retour au calme et reprise des transports. La police annonce 9 interpellations.

Le maire de Tours Christophe Bouchet a dénoncé un mouvement populaire "authentique" "discrédité" par des "quelques dizaines de casseurs" qui, selon lui, étaient préparés. Il exprime son soutien aux forces de l'ordre dont l'état major était installé en mairie avec la Préfecture.