Tours

PMA : Alliance Vita ressort du bois...

L'association traditionaliste a tenu un rassemblement contre la PMA

 

C'est un grand coup de com' que l'association Alliance Vita a organisé en France ce jeudi 15 novembre. Dans 70 villes de France, à 13h, l'association connue pour ses positions anti-IVG et ses luttes contre les évolutions sociétales, a tenu un happening de rue pour dénoncer cette fois la Procréation Médicalement Assistée et notamment son ouverture à toutes les femmes, dans le cadre de la loi sur la Bioéthique qui doit être débattue au Parlement en 2019.

A Tours, c'est à l'angle de la rue des Halles et de la rue Nationale que les militants d'Alliance Vita se sont retrouvés peu avant 13h. Disposés en cercle avec au centre une jeune femme assise sur une chaise portant le bonnet phrygien et une écharpe tricolore, les militants brandissent fièrement pour certains, en se dissimulant le visage pour d'autres, des pancartes : « Touche pas à mon père », le mot d'ordre retenu pour cette journée d'action. Face à eux, une vingtaine de militants ont organisé une contre-manifestation pour ne pas laisser Vita scander son discours et ses arguments en pleine rue.

Plutôt habituée aux happenings et campagnes choc, Alliance Vita, créée en 1993 par Christine Boutin, a fait ses armes de la sorte lors de campagnes contre le Mariage pour Tous en 2013 ou plus régulièrement depuis 25 ans contre l'IVG avec des méthodes souvent douteuses et proches de l'illégalité, comme l'avait prouvé il y a quelques années Le LMonde.

En façade pourtant ce jeudi, le discours est rodé et policé et les élements de langage bien maitrisés, débités de façon quasi-automatique. Les militants Vita abordent les passants sourires aux lèvres. Un decorum maîtrisé, sans fausses notes. Dans les discours également, fini le temps des campagnes contre le Mariage pour Tous, les militants expliquent que les couples homosexuels ne "les dérangent pas", mais qu'enlever la filiation paternelle à un enfant est "contre-nature". Difficile à croire sur parole néanmoins, tant les discours restent centrés sur les couples homosexuels.

« Avec le projet de loi, on enlève aux enfants nés de PMA tout lien paternel, ce dernier n'existera pas légalement. Cela va être un traumatisme pour ces enfants » avance une des militantes. Face à elle, un jeune homme engage le débat et argumente sur le rôle prépondérant de l'éducation, sur le fait que les parents (les couples de mamans) pourront expliquer les choses aux enfants en question et que l'importance pour un enfant est avant tout d'avoir des parents qui l'aime, de grandir dans un foyer équilibré. Des mots qui sonnent comme du bon sens, mais loin de convaincre les militants Vita. Finalement au bout d'une demi-heure de slogans scandés à quelques mètres les uns des autres, un cordon de policiers en tenue anti-émeute vient se mettre entre les deux rassemblements. Le temps pour les militants d'Alliance Vita de terminer leur opération et de repartir.

Quant aux couples de françaises, elles devront attendre encore pour pouvoir profiter de la PMA en France (aujourd'hui beaucoup partent à l'étranger pour y avoir recours), le débat parlementaire ayant été repoussé à l'été 2019.

Texte : Mathieu Giua / Photos : Pascal Montagne