Tours

Samedi, grand écart des manifs en Touraine : Gilets Jaunes vs Vélorution

Deux manifs, deux ambiances.

A priori, il y a peu de chances pour qu’on les voit défiler ensemble… Samedi, deux rendez-vous revendicatifs bien différents s’annoncent en Indre-et-Loire : un qui risque d’avoir une ampleur très conséquente, et un autre sans doute plus mesuré mais pas sans intérêt.

 

1 / Les automobilistes en colère :

Samedi, les premiers manifestants vont se lever tôt pour se retrouver vers 7h sur le parking de la fête foraine de Tours à Rochepinard, c’est le mouvement des gilets jaunes, cette grogne qui s’organise sur les réseaux sociaux pour protester – entre autres – contre la forte hausse des prix de l’essence, et plus globalement contre la politique d’Emmanuel Macron, en particulier sa vision de l’économie et des taxes. Soutenu par un large spectre politique (France Insoumise, Rassemblement National ou Debout la France), il se présente avant tout comme citoyen et c’est d’ailleurs ce qui fait qu’on a du mal à le cerner et à imaginer son ampleur. Pour se compter, les motivé.e.s appellent à mettre un gilet jaune sous le pare-brise : en ville on en voit quelques-uns, mais pas tant que ça.

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Rendez-vous fixé à 7h à Rochepinard, donc, mais pas seulement. Le site web national qui recense toutes les mobilisations envisagées pour ce 17 novembre fait état d’autres lieux de rassemblement : 8h au parking de covoiturage de Loches près de chez Renault, 6h30 au parking du Auchan Drive de Tours Nord, 6h15 au Auchan de Monnaie… D’autres aussi à Monts, Azay-le-Rideau ou Ste-Maure-de-Touraine… Des informations à prendre avec précaution car les différents messages laissés sur Internet expliquent clairement que l’objectif est de dévoiler le plan d’action le plus tard possible pour surprendre les autorités. Les pages et groupes Facebook se rapportant au mouvement sont ainsi nombreuses (une dizaine au moins) et en dehors de ces projets de rassemblement, on ne sait pas ce qui est prévu : blocages, manifestations, opérations escargot… Simplement on peut se douter que la circulation risque d’être difficile sur les grands axes.

Même la préfecture d’Indre-et-Loire est dans le flou : normalement les déclarations de manifestations doivent se faire au plus tard 48h à l’avance avec annonce d’un projet d’itinéraire… A 72h du jour J, les services de l’Etat n’ont rien reçu mais on peut imaginer que les forces de l’ordre seront en nombre sur le terrain pour éviter des débordements (à noter que sur Internet, de nombreux membres des groupes colère 37 ou blocage 37 indre et loire appellent à ne rien dégrader. D’autres se voient déjà tenir plusieurs jours, ou imaginent remonter jusqu’à l’Elysée).

 

2 / Les cyclistes qui espèrent

Pendant ce temps, un autre mouvement s’organise pour le 17… La Vélorution de Tours, de retour après plusieurs années d’absence.

Là, on ne manifestera pas « contre » mais « pour », et plus précisément pour une politique plus ambitieuse en matière de déplacements doux (marche et vélo). 400 personnes se disent intéressées par l’événement appelant à se réunir dès 14h Place Anatole France. Elles partiront ensuite pour deux boucles (une petite et une grande d’une douzaine de kilomètres) avec l’objectif de plaider pour une politique urbaine moins tournée vers la voiture et plus vers les moyens de transport non polluants, par exemple en mettant en place des voies express pour les vélos ou en réduisant la vitesse maximum autorisée (déjà abaissée à 30km/h dans la plupart des rues de Tours).

« La bagnole ça rend les fesses molles » peut-on lire sur le site du mouvement, qui plaide aussi pour de larges zones sans voitures en centre-ville, la suppression des pistes sur les trottoirs pour des espaces mieux identifiés et sans risques pour les piétons ou l’interdiction de doubler les cyclistes dans les rues les plus étroites.

Pour être bien vus, certains de ces manifestants seront sans doute vêtus d’un gilet jaune… Mais ils ne seront pas à confondre avec les gilets jaunes précédemment cités car, eux, l’essence ils essaient d’en consommer le moins possible. En revanche, ils ne sont pas non plus familiers avec les actions d’Emmanuel Macron, en particulier en termes d’écologie.

Olivier Collet