Tours

TOURS NORD : Dans moins d’un an, des légumes pousseront sur le toit de cet immeuble

Les serres sont en cours de montage.

C’est un projet unique en Touraine, primé par le journal Le Monde alors qu’il ne sera inauguré qu’en septembre 2019 : la résidence des Jardins Perchés de Tours Nord est encore en chantier mais le nouvel immeuble du Chemin de la Milletière commence à prendre forme. Commandé par Tours Habitat, il comptera 76 appartements et… 1 700m² de surface cultivable pour faire pousser des fruits et des légumes : 1 000m² au sol, en pleine terre, et 700m² de serres sur le toit, au 4ème étage.

L'immeuble en chantier..

Une idée du résultat une fois terminé.

« On veut construire la ville de demain » assure le directeur de l’office HLM tourangeau Grégoire Simon en faisant visiter les futurs locaux ce lundi… Les futures familles qui habiteront ici, toutes locataires, auront donc des plantes pour voisines : des framboisiers ou herbes aromatiques côté rue, des légumes côté jardin et d’autres plantations sous serre et en jardinières au-dessus de leur tête. On appelle ça du maraîchage urbain : « ça existe sur des locaux industriels ou tertiaires mais pas encore sur de l’habitat » assure l’adjointe au maire tourangelle en charge du logement Alexandra Schalk-Petitot.

Notre premier article sur le projet, en 2016

Faut-il y voir un modèle amené à se développer rapidement dans l’agglo tourangelle ? Non, malheureusement. « On va d’abord tester avec ce projet-ci » nous explique-t-on devant l’un des larges balcons de cette résidence baptisée Les Jardins Perchés, découpée en 3 bâtiments distincts pour éviter « l’effet barre » qui fait souvent défaut aux logements sociaux. Donc même si l’idée est très séduisante, on ne verra pas pousser des serres sur tous les toits à court terme, « nous avons néanmoins plusieurs maires qui s’intéressent à cette idée et l’écho médiatique a été très favorable » se réjouit Alexandra Schalk-Petitot.

Le toit aujourd'hui...

...avec la vue.

Cultivés sans produits chimiques, de préférence avec de l’eau de pluie récupérée directement du ciel, les légumes et fruits produits dans l’immeuble seront en vente dans un petit local situé en sous-sol, au niveau du parking souterrain volontairement aménagé au niveau -1 pour laisser plus de place à la verdure.

Après le retrait du premier maraîcher retenu pour exploiter cette ferme d’un nouveau genre, Tours Habitat s’est tourné vers l’Agrocampus de Fondettes pour s’occuper des cultures. Le lycée agricole se servira donc de l’espace pour former ses élèves mais aussi pour assurer lui-même des formations, auprès des habitants du quartier par exemple. « Ce sera un espace test » nous dit-on, avec l’objectif de dispenser un cursus spécial autour de l’agriculture urbaine avec des diplômes à la clé, du CAP à la licence pro.

Olivier Collet