Tours

34 élèves de Grandmont dans le jury du Goncourt des lycéens

Le prix sera remis jeudi à Paris.

Si on avait rencontré Noé au mois d’août et qu’on lui avait demandé une définition du Prix Goncourt, il nous aurait sans doute regardé avec des gros yeux : « je n’en avais jamais entendu parler » confie-t-il. Aujourd’hui, le jeune tourangeau élève en 1ère SSI à Grandmont sait parfaitement de quoi il s’agit, il fait même partie du jury qui tranchera d’ici jeudi pour dire quel est le roman préféré des lycéens cette année.

Pour la première fois, le lycée Grandmont a été retenu pour participer au concours littéraire (ils sont deux en Touraine, avec le lycée d’Amboise) : « il a fallu faire une lettre de motivation » nous expliquent Béatrice Annata et Thibault Lambert, les deux enseignants à l’origine du projet. Leur objectif : impliquer une classe scientifique pour casser les préjugés, montrer qu’il n’y a pas que les ados des séries littéraires ou éco qui se passionnent pour les bouquins. Pas simple : « au début on a été pris de court, on a pensé à une punition… Mais finalement, on a su apprécier » selon Noé.

15 romans à lire en deux mois

Le Goncourt des Lycéens c’est comme le Goncourt tout court : la même sélection au départ. Grâce à un partenariat avec une grande enseigne culturelle, Grandmont a reçu dès septembre les 15 livres en compétition en plusieurs exemplaires, de quoi les dispatcher dans les sacs à dos des 34 élèves. Les ados ont ensuite eu deux mois pour afficher leurs préférences : « bien sûr ils n’ont pas tout lu. Si déjà ils en finissaient 4-5 en entier c’était bien, et en moyenne ils en ont lu 2 ou 3 » résume Béatrice Annata. « Notre objectif c’était de les faire parler de ces livres, de donner aux autres l’envie de lire ceux qui leur avaient plu. Et s’ils n’arrivaient pas au bout d’un ouvrage, ils devaient argumenter et dire pourquoi il leur était tombé des mains. »

« Le retour est très positif, ils ont joué le jeu et se sont impliqués. Même les élèves qui n’étaient pas lecteurs ont au moins fait l’effort de lire un livre » poursuit Thibault Lambert, ravi de pouvoir travailler avec sa classe sur des œuvres contemporaines. « Ça change de ce que l’on a l’habitude de lire. C’est beaucoup plus simple, on arrive mieux à s’identifier aux personnages et à rentrer dans l’histoire. En plus on n’a pas le souci de l’interro après, donc on pouvait se laisser aller, on n’était pas obligé de lire le livre en entier » résume Noé parti à Poitiers ce lundi avec son camarade Maël pour défendre les 3 livres préférés de la classe : La Révolte (Clara Dupont-Monod chez Stock), La Vraie vie (Adeline Dieudonné chez L’Iconoclaste et Frère d’âme (David Dop édité au Seuil).

Un travail pédagogique sur le long terme

D’ici jeudi, les choix de toutes les classes de France participant au Goncourt des lycéens vont être mis en commun pour déterminer un lauréat ou une lauréate… Mais l’histoire ne s’arrête pas là : les deux enseignants tourangeaux ont bien l’intention de continuer à se servir de ces romans avec leurs élèves, ceux de 1ère SSI mais aussi ceux d’autres classes, car les livres de la sélection du concours appartiennent désormais au lycée. A noter que l’établissement ne pourra pas poser de nouvelle candidature pour participer au prix avant 3 ans.

Olivier Collet