Tours

4 propositions audacieuses pour la grande œuvre hommage à Balzac

Elle sera inaugurée dans un an au Jardin de la Préfecture de Tours.

En 2019, Tours va célébrer les 220 ans de la naissance de Balzac dans une maison de la Rue Nationale et prévoit tout un programme de festivités autour de ce grand auteur. L’un des événements les plus attendus : l’inauguration d’une œuvre monumentale dans le Jardin de la Préfecture, pour compenser la disparition du buste d’Honoré de Balzac volé Place Jean Jaurès en 1942 et fondu par les Allemands lors de la Seconde Guerre Mondiale.

Pour savoir qui réalisera ce projet, un appel aux artistes a été lancé par la ville et 4 hommes ont été sélectionnés :

  • Guillaume Constantin
  • Florian Lamouroux
  • Eric Maillet
  • Nicolas Milhé

 

Depuis ce lundi, leurs projets sont exposés dans le hall de l’Hôtel de Ville, à gauche de l’accueil central de la mairie, l’installation ayant été assurée par Eternal Network. Vous avez deux semaines pour vous rendre sur place, prendre connaissance des projets et donner votre avis. Le jury s’engage à en tenir compte dans sa décision finale programmée pour le 26 novembre.

En visitant cette petite exposition, une chose frappe : les artistes se sont plus inspirés de l’œuvre de Balzac que de l’homme lui-même, expliquant que l’écrivain avait déjà tellement bien été représenté par Rodin qu’il n’était pas nécessaire de se mesurer au célèbre sculpteur. Ils ont donc pris le contrepied en faisant notamment référence à La Comédie humaine.

 

Nicolas Milhé : l’artiste de 42 ans qui évolue entre Bordeaux et Paris propose non pas une mais plusieurs sculptures, 5 au total, en marbre et en bronze. Il veut en fait rechercher 5 figurantes et figurants de Tours via un casting pour représenter des personnages emblématiques de La Comédie humaine ou ayant un lien avec la Touraine, sachant qu’ils seront habillés avec des vêtements du XXIème siècle pour symboliser une certaine immortalité de Balzac et de ses écrits.

Toute autre vision des choses pour Guillaume Constantin, Parisien de 44 ans. Lui imagine un portfolio dans le Jardin de la Préfecture, un grand livre ouvert en aluminium dans lequel on peut pénétrer, c’est même conseillé afin de glisser les yeux dans les trous des pages. Des images s’inséreront également dans cette œuvre via un procédé de lithophanies, des bas-reliefs qui se révèlent quand la lumière se pose sur eux et évoquent de manière subjective la vie et les écrits de Balzac.

Le troisième artiste retenu pour ce concours balzacien a 37 ans, et vit entre Marseille et Paris. Eric Maillet imagine des hommages sonores à Balzac qui se déclencheraient au passage des promeneuses et des promeneurs traversant les allées du Jardin de la Préfecture. Ces témoignages – pas forcément ceux de spécialistes, bien au contraire même – auraient auparavant été recueillis à Tours par l’artiste qui veut les faire dialoguer entre eux. Au centre de cette installation, on trouvera aussi un socle de statue… sans statue, de quoi déstabiliser et surprendre.

Dernières propositions : celles du Tourangeau Florent Lamouroux, 38 ans, de Huismes. Comme les « s » le suggèrent, il a imaginé deux projets : soit une statue en bronze et en pierre, soit 4 statues dans des matériaux moins nobles (aluminium et béton) pour rentrer dans le budget. La statue seule est une représentation d’un écrivain, vouté, assis au bord du socle, dans une position inhabituelle. Et en plus il est en robe de chambre ! Ce n’est pas forcément Balzac, mais il peut le suggérer. Les 4 autres statues représentent des personnages : l’Ecrivain, la Rentière, le Trader et le Balayeur, tous inspirés de La Comédiehumaine mais présentés de façon contemporaine.

 

Bilan : ce sont 4 œuvres plus ou moins inattendues qui sont proposées là, des visions intéressantes de Balzac et de ses personnages. En choisir une ? Pas simple, et d’ailleurs cette exposition crée une certaine frustration. Peut-être que Florent Lamouroux propose le plus large spectre, mais on apprécie aussi l’audace de Guillaume Constantin ou le processus imaginé par Nicolas Milhé. Maintenant c’est à vous de vous emparer de ces maquettes…

Olivier Collet