Tours

Une appli anti-blues testée à Tours

Avec l’objectif de faire la prévention contre les suicides.

Cet article est écrit après le changement d’heure, sous un ciel gris, un temps pluvieux et alors que la lumière baisse rapidement. Cocktail parfait pour une bonne déprime que l’on pourra néanmoins contrer avec un plaid, quelques gâteaux, un chocolat chaud et une bonne série.

Mais pour d’autres ce sera peut-être plus compliqué. Pas à cause de la météo, mais d’un mal-être plus profond. Pour ces personnes-là, une expérience est menée dans plusieurs villes de France dont Tours : l’application StopBlues. Disponible sur AppStore et Android, lancée bien plus tard que prévu dans notre ville à cause de bugs, « elle est dédiée à la prévention du suicide » explique Edouard de Germay, l’adjoint au maire de Tours en charge de la santé. Sérieusement ? Prendrait-on le temps d’aller sur une appli si l’on envisage de mettre fin à ses jours ?

« L’objectif est d’apporter une solution aux personnes qui ont un mal-être » poursuit l’élu. Pour cela, on trouve notamment des vidéos sur les différents symptômes du blues ou de la dépression, une liste de professionnels de santé (médecins, psychologues, psychiatres…) ou encore un test pour évaluer son état. C’est un outil surprenant, un peu déconcertant même : il nous demande comment ça va, quelle est notre motivation, si on a l’impression d’aller mieux ou moins bien… On répond avec des smileys et si les choix négatifs ont tendance à être nombreux s’affiche alors un message affirmant très sérieusement que notre risque de passage à l’acte est élevé. Flippant.

Un appli anti-blues avec… Snake et des vidéos zen

« Ce qu’on cherche c’est inciter à l’appel au secours, ne pas laisser une situation sans solution. Ce message un peu choc veut dire qu’il ne faut pas rester dans son coin. C’est peut-être anxiogène mais cela peut faire monter un réflexe » répond Edouard de Germay. Ainsi, une cloche rouge est toujours en bas de l’écran pour appeler à l’aide des numéros pré-enregistrés ou les secours : « très souvent on a remarqué qu’une tentative de suicide est le dernier recours. Quand il y a une porte de sortie, assez souvent elle est prise » veut croire l’élu et médecin qui espère « saisir la petite chose pour éviter le passage à l’acte ou arriver juste après. Si on arrive à sauver 3-4 personnes dans l’année ce sera déjà bien. »

De fait, StopBlues renvoie dans un premier temps vers le médecin généraliste (car les psychiatres ont des carnets de rendez-vous bien remplis…). Cela peut aussi être les professionnels de santé qui encouragent à la télécharger. Car il faut quand même une sacrée volonté pour installer de son plein gré une telle application, même si l’on y trouve le jeu culte Snake (dans une version pixelisée des plus archaïques) ou des vidéos de relaxation avec des bruits de vague pour aider à s’endormir. En cherchant un peu, elle dispose également de quelques vidéos sur la psychologie positive ou la relaxation pouvant être utile à pas mal de monde. En fait toutes celles et ceux qui sont prêt(e)s à prendre un peu de recul sur leur existence.

 Olivier Collet

A noter que le projet est lancé à Tours mais aussi à Amboise. Des associations comme SOS Amitié (ligne d’écoute pour des personnes dans le besoin) sont impliquées dans ce processus qui, rappelons-le, est expérimental dans le cadre d’un projet de recherche national pour lutter contre le suicide.