Tours

L’Etat va mettre de l’argent pour l’aéroport de Tours

Notamment pour rénover le site.

« L’aéroport de Tours c’est une activité à part entière » estime la préfète d’Indre-et-Loire Corinne Orzechowski. Depuis son arrivée il y a un an, elle organise souvent des réunions avec les élus locaux sur le sujet. L’aviation en Touraine, elle y croit : « quand vous regardez la carte de France, vous voyez un grand trou sans aéroport au centre : il y a un marché à prendre, les grandes entreprises comme SKF ou Mecachrome qui ont des sièges à l’extérieur ont besoin d’un aéroport. De plus, à mon avis, c’est un vecteur essentiel de développement touristique » déclare-t-elle cette semaine dans un entretien exclusif accordé à Info Tours et 37 degrés que vous pouvez lire ici.

Le discours de la représentante de l’Etat est similaire à celui de plusieurs personnalités tourangelles comme le président de la Métropole Philippe Briand ou le député de Tours Philippe Chalumeau. Des propos destinés à assurer la pérennité de l’activité aérienne après le départ de l’école de chasse de l’armée programmé pour 2021. Objectif : maintenir les vols réguliers vers de grandes villes européennes, les vols médicaux pour le CHU de Tours et les atterrissages d’avions privés pour les voyages d’affaire.

Pour réussir ce triple pari, il faut repenser le modèle économique. Aujourd’hui, l’armée paye une bonne partie des charges liées au fonctionnement de l’aéroport, de l’entretien de la piste au contrôle aérien. Après le départ des Alphajet, les riverains pourront profiter du silence mais les acteurs locaux devront trouver d’autres ressources. La Région, le Département et la Métropole se partagent l’essentiel des coûts aujourd’hui mais ne sont pas forcément motivés pour augmenter ces subventions (surtout si c’est pour financer des compagnies comme Ryanair). Quant à la Chambre de Commerce et d’Industrie, elle est pour le maintien de l’aéroport mais refuse d’y mettre des moyens faute de budget suffisant.

C’est là que l’Etat entre en jeu. Dans l’entretien qu’elle nous accorde, Corinne Orzechowski assure que des discussions sont en bonne voie pour qu’une partie des 15 millions d’euros nécessaires à l’activité de l’aéroport et ses évolutions dans les 3-4 prochaines années vienne de Paris « pour financer les investissements ». Des échanges ont également lieu entre Edeis – la société qui gère l’aéroport – et le ministère de la Défense afin de chiffrer le coût de rénovation de la piste de décollage et se partager cette facture. Enfin, « l’Etat doit s’engager à trouver des contrôleurs aériens pour Tours » demande la préfète, leur présence étant indispensable pour planifier un maximum de vols.

Olivier Collet et Mathieu Giua