Tours

[#MIAM] Julien au Beurre, cuisinier tourangeau rigolo

C’est le blogueur tourangeau qui monte aussi vite que des blancs en neige.

Son film culte c’est Ratatouille, vous le trouverez souvent à L’Escapade le midi (Rue Colbert), il peut manger dans un étoilé et au kebab dans la même semaine et il prépare sa mayo dans un bol Mickey (pas de jugement) : lui c’est Julien, alias Julien au Beurre. A 34 ans, ce Tourangeau qui vit au Nord de la Loire prépare son CAP pâtissier en candidat libre mais donne déjà des leçons. Intermittent du spectacle (il bosse parfois en technique sur les spectacles du Vinci ou du parc expo), ex prof à Tous en Scène, il a récemment lancé son blog de recettes en attendant le développement de sa chaîne YouTube… et on n’a pas mis longtemps à le remarquer, notamment à cause (ou grâce) à son humour. On n’est pas les seuls : le 10 novembre, le garçon sera au Salon des Influenceurs Culinaires, à Paris. Et des marques commencent à faire appel à lui.

 

Julien n’a pas toujours été gourmet : « mes parents ne m’ont pas donné une éducation culinaire de folie » nous dit-il aujourd’hui. En revanche, son métier lui a permis de s’installer à de bonnes tables : « j’ai fait pas mal de mariages, d’animations… Je mangeais comme pas possible alors que je mangeais super mal le reste du temps. C’est là que j’ai commencé à me dire que je ne pouvais plus manger n’importe quoi. » C’est aussi le moment où il découvre L’Escapade et son menu à 12€ le midi (à l’époque) : la carte changeait toutes les semaines, j’ai construit mon palais là-bas. J’y découvre encore des choses comme le mariage chocolat-champignons ou pomme-céleri. » Et quand il n’arrive pas à trouver sa recette, il appelle le chef pour lui demander conseil.

« Je prends mon lecteur pour un con qui ne sait rien faire »

Un moment important dans la vie de Julien, c’est son déménagement à Paris pour suivre sa copine. Ça n’a pas duré longtemps (dans la capitale, et avec la jeune femme), mais ça a suffi pour lui donner envie de mettre un tablier : « j’étais au chômage et je me demandais quoi faire. Donc je faisais à manger, au moins c’était fait quand ma copine rentrait. J’ai commencé à mater des photos et des vidéos toute la nuit, à regarder des émissions de chefs comme Christophe Michalak, Thierry Marx et Julie Andrieu. » Ses conseils pour gastronomes en devenir : ne pas hésiter à demander un menu à l’aveugle au restaurant et oser y aller seul.

De retour en Touraine, le cuistot impulsif envisage donc de partager sa vie en deux entre le monde du spectacle et le spectacle dans l’assiette. Son blog est en ligne depuis peu, et se distingue par son ton résolument humoristique : « je prends mon lecteur pour un con qui ne sait rien faire. Je file vraiment tous mes tuyaux, et j’explique tous les termes comme la torréfaction l’autre jour dans une vidéo de burgers. » Avec cette méthode, Julien au Beurre espère créer « un climat de confiance » (rien à voir avec l’ancien slogan d’un cuisiniste) pour que les gens reprennent le temps de cuisiner. Même un peu : « l’objectif c’est de pouvoir sortir des plats en 30 minutes. Voire entrée-plat-dessert en 30 minutes » (les tutos et les PDF sont censés enrichir son site d’ici peu).

Et sinon, Julien préfère le beurre doux ou le beurre salé ?

Côté ingrédients, le blogueur boycotte les supermarchés, va aux Halles, à l’Arrivage, chez Terres Exotiques, dans les épiceries… Il chine, il fouine : « je peux faire 30 bornes pour un ingrédients ». Pour ses recettes, il wagabonde : « quand elles ne sont pas de moi, je le dis. » Quitte à « calmer » Cyril Lignac : « une tarte au citron avec 220g de beurre ce n’est pas possible ! » (et c’est un mec qui se fait surnommer Julien au Beurre qui dit ça*).

*Le surnom lui vient d’une copine. Il lui conseillait tellement souvent de cuisiner avec du beurre qu’elle a fini par l’appeler comme ça.

A force de faire la tambouille, le jeune homme a constaté un truc : « j’adore bosser les légumes (même les salsifis et les choux de bruxelles !), et pour cuisiner rapidement mes recettes sont souvent végétariennes ou végan. Cette cuisine-là est plus simple et on peut se faire plaisir avec les épices… même si je ne peux pas me passer du fond de veau pour aromatiser. » En revanche, ne comptez pas sur lui pour des conseils sur les insectes et l’anis, il n’aime pas. Quant à la noix de coco, ce n’est pas trop son truc mais il s’adapte. Forcément, vu son pseudo, on lui a demandé de trancher entre le beurre doux et le beurre salé, et il a refusé : « j’utilise les deux. »

Olivier Collet