Tours

Le Rassemblement National veut s’implanter à la fac de Tours

Et mettre des jeunes en avant aux municipales tourangelles de 2020.

Le Rassemblement National (ex FN) a beau avoir le plus jeune élu du Conseil Régional en Centre-Val de Loire, en Touraine, ce ne sont pas les plus jeunes qui sont aux responsabilités (Véronique Péan, Daniel Fraczak ou Stanislas De La Ruffie). Pour tenter de se donner une autre image, le parti cherche à « structurer » sa section Jeunes dans le département en nommant à la tête de son mouvement Génération Nation 37 une étudiante de 19 ans venue de l’Île d’Oléron : Héloïse Markowsky (qui sera sans doute là juste le temps de ses études, elle le reconnait elle-même).

Etudiante en droit, la jeune femme est biberonnée RN. Encartée dans le parti depuis ses 17 ans, elle vient « d’une famille politique » (son père est ancien conseiller régional et sa mère a repris le flambeau, sous l’étiquette RN, en Nouvelle-Aquitaine). Quand on lui demande son sujet de prédilection, ce n’est pas l’Europe, la jeunesse ou la vie locale mais « la préférence nationale » : « on rentre sur le marché du travail on devrait avoir une préférence pour nos Français au lieu d’une immigration massive » assure-t-elle.

Boitages et collages remplacés par des dons du sang et de l'aide aux devoirs

Son rôle : donner envie de militer à la centaine de jeunes (encartés et non encartés) figurant dans la base du RN37. Directeur de Génération Nation à l’échelon national, l’élu francilien Jordan Bardella est venu la briefer et faire son speech devant la presse : « nous cherchons à fédérer pour la campagne des Européennes de 2019. Nous sommes aussi dans la logique des élections municipales en 2020. Génération Nation c’est l’école des cadres du mouvement pour former les futurs David Rachline (maire dans le Var) ou Steve Briois (Hénin-Beaumont). Ce n’est pas impossible d’avoir des jeunes en tête de liste dans un an et demi. »

Héloïse Markowsky

En attendant, grâce à Héloïse Markowsky, le RN37 compte faire parler de lui à l’Université de Tours, où les étudiants militants sont plus souvent à l’extrême gauche qu’à l’extrême droite : « il y a sans doute une minorité silencieuse qui veut se faire entendre » souligne Jordan Bardella qui évoque la possibilité d’organiser des actions du type aide aux devoirs, don du sang « à nos armées » ou maraudes pour les sans-abris. Comme les mineurs isolés qui dorment dans la rue à Tours ? Pas vraiment : « notre politique c’est plutôt les nôtres avant les autres » résume le patron départemental du parti Daniel Fraczak…

« Nous allons aussi chercher à nous rendre audibles sur les réseaux sociaux. On veut se faire connaître et fédérer » souligne Héloïse Markowsky qui, comme beaucoup de militants du Rassemblement National, rêve de voir la France suivre un destin semblable aux pays style Hongrie ou Italie. Une idole ? L’Italien Matteo Salvini, dont les jeunes soutiens sont « alliés » des nationalistes français : « on veut montrer que ce mouvement arrive partout en Europe et qu’il incarne le progrès » commente Jordan Bardella.