Tours

Terrorisme ou débordements : comment assurer la sécurité des grands rassemblements tourangeaux ?

La préfecture prend des mesures avec Tours Événements.

Chaque année, 300 manifestations ont lieu au Parc Expo de Tours ou au Vinci. En 12 mois, 800 000 personnes se rendent aux concerts, salons ou festivals sur le site de Rochepinard, 65 000 au Palais des Congrès. Avec une telle concentration de public pour des événements professionnels ou ouverts au plus grand nombre, l’enjeu de sécurité est important. Depuis les attentats de 2015 et 2016, il faut ouvrir son sac à l’entrée, des plots ou des barrières sont également installés pour éviter les voitures ou camions bélier…

Pour pérenniser ces mesures sur le long terme, la préfecture d’Indre-et-Loire et Tours Evénements se sont mis d’accord via une convention pour adapter la sécurité en fonction du programme des manifestations. A partir du moment où la société attend plus de 4 000 visiteurs, elle devra faire un dossier spécifique. Elle dispose par ailleurs d’un référent sécurité au sein des services de l’Etat pour faire le point sur les dispositifs à mettre en œuvre, et doit lui transmettre chaque mois un planning des rendez-vous fixés sur son agenda.

Jusqu’à 60 agents de sécurité pour la Foire de Tours

La préfète Corinne Orzechowski affirme que ce dispositif va « faciliter » la vie de Tours Evénements qui saura plus vite comment adapter son organisation en fonction de l’ampleur des manifestations sans avoir à faire « des dossiers de 250 pages et 25 réunions ». « On fait confiance aux organisateurs mais on demandera des comptes-rendus car la confiance n’exclue pas les contrôles » précise néanmoins la représentante de l’Etat. Parmi les engagements ; refuser l’entrée des personnes qui ne veulent pas être contrôlées, prévoir des dispositifs de sécurité aléatoires (portiques magnétiques, palpations), organiser les livraisons en dehors de la présence du public, désigner un responsable sûreté pour chaque événement et sensibiliser tout le personnel via des formations.

« Cela va nous obliger à être meilleurs » estime le directeur de l’entreprise Christophe Caillaud-Joos affirmant que la sécurité est sa « priorité N°1 ». Si Tours Evénements dispose de son propre service de sécurité incendie, également compétent pour les premiers secours, il travaille avec une société externe pour la sécurité, avec par exemple une soixantaine d’agents pour des événements comme la Foire de Tours en mai et un dispositif de vidéosurveillance géré depuis un PC sécurité.

Pas de surcoût « sécurité » pour l’encadrement des festivals par la police et la gendarmerie

« Le nombre de personnes mobilisées sur un événement n’est pas différent des attentats, nous avons simplement remis en question certains fonctionnements » explique Christophe Caillaud-Joos, citant par exemple la mise en place de barrières devant le Vinci avant des concerts. La préfecture explique pour sa part qu’elle mène désormais des missions de renseignement sur les grands rassemblements, ce qui ne se faisait pas forcément auparavant.

Bien évidemment, l’Etat mobilise aussi les forces de police et de gendarmerie pour les manifestations réunissant plusieurs milliers de personnes… Dans certains départements, il a été question de faire payer les organisateurs pour le déploiement de ces moyens humains, comme au festival des Eurockéennes de Belfort : « aucune manifestation n’a lieu sur ce modèle dans le département » assure Corinne Orzechowski qui n’imagine pas changer de politique dans l’immédiat, sauf s’il est nécessaire de faire venir des renforts d’autres départements pour un encadrement spécifique, par exemple pour quelque chose d’ampleur comparable à la fan zone de la Gloriette ce 15 juillet à Tours. « La question peut se poser pour l’American Tours Festival, Terres du Son ou la Foire de Tours » mais si ça se fait « ce sera forcément encadré par un contrat en amont » promet la préfète qui avait signé ce type d’accord pour les courses auto au Mans quand elle était en poste dans la Sarthe.

Olivier Collet