Tours

Comment j'ai vécu la finale de la Coupe du Monde 2018 à Tours

De la fan zone à Jean Jau', récit illustré d'un dimanche pas comme les autres.

Il est 16h ce dimanche. Jour de finale oblige, j'ai laissé une partie de mon objectivité de côté et j'ai mis une marinière bleu-ciel. Je sors de chez-moi pour rejoindre la fan zone de la Gloriette : le Soleil tape, et il n'y aura pas beaucoup d'ombre devant l'écran géant. Ça va être chaud, dans tous les sens du terme.

16h15, première étape à Verdun et 1ère épreuve : le tram est bonde. "Ça ne rentre pas ici" lance une jeune femme quand j'essaie de me frayer un chemin. Si, finalement ça passe : en route vers le grand match !

16h17 : un passager se pose une question : "elle sera placée où la deuxième étoile sur le logo du maillot ?"

16h30 : sur le chemin qui mène au parc, les supporters sont déjà au taquet. Sur une table de pique-nique, un groupe d'amis a décoré l'arbre qui leur fait de l'ombre.

16h31 : je croise un mec avec un maillot de Kevin Durant... un basketteur. Hors sujet, donc.

16h32 : faute de moyens, un fan d'Mbappé s'est créé son propre maillot... Un autre, Breton d'origine, a le maillot officiel et le drapeau de sa région autour du coup.

16h42 : il y a la queue au point d'eau. Normal : le soda est à 3€50 et la bière à 6€.

16h45 : la foule se masse... 18 000 personnes officiellement selon la préfecture. On se chauffe tranquillement au son de Magic System, beaucoup de supporters ont des looks géniaux :

16h50 : l'animateur fait faire du bruit pour le maire de Tours et les quelques élus qui montent sur scène. En attendant le début de la retransmission sur TF1, la municipalité fait sa pub avec des vidéos sur ce qu'il se passe dans la ville. "Merci la ville de Tours" me diront d'ailleurs plusieurs personnes, satisfaites de l'organisation de cette fan zone. Le foot, c'est toujours bon pour la popularité politique (même s'il a fallu attendre la finale pour avoir ce dispositif).

16h55 : Il y a de l'amour dans l'air...

17h10 : le match a commencé, et un agent de sécurité tente de retrouver le propriétaire de cette paire de chaussures...

17h30 : la France menait 1-0, et la Croatie est revenue au score. Angoisse...

17h50 : 2-1 à la mi-temps, je vais faire quelques photos dans la foule et, au beau milieu de 18 000 personnes, je retrouve par hasard un groupe de campeurs vu il y a pile une semaine à Terres du Son. D'ici à ce que je les recroise à Jour de Cher dans une semaine, il n'y a qu'un pas (si vous me lisez, vous savez quoi faire samedi prochain : direction Bléré).

18h00 : je jette un oeil par terre... Entre les avions en papier bleu-blanc-rouge devant l'écran et les canettes jetées à terre, j'ai une pensée pour les équipes qui vont nettoyer le site... 

18h20 : la France mène clairement au score, c'est le feu au premier rang !

18h45 : 4-2 à 5 minutes de la fin... En prévision de la victoire, les agents de sécurité font passer de jeunes enfants de l'autre côté des barrières pour les mettre en sécurité en cas de mouvement de foule. Certains n'ont pas trop l'air de comprendre ce qu'il se passe... 

18h50 : voilà, c'est fait... La France remporte sa deuxième Coupe du Monde en battant la Croatie 4-2, en se faisant peur, en se laissant parfois dominer, mais en montrant que c'est elle qui mène la danse. C'est beau de photographier cette foule en liesse, de voir tous ces sourires sur les visages. James Techer, qui signe quelques clichés de ce reportage, vient me voir : on se tape dans la main, je sens l'émotion me gagner. Le foot ce n'est pas toujours mon truc mais là c'est autre chose : c'est intense.

19h25 : c'est l'heure d'aller en ville. Sur le quai du tram, évidemment blindé, ça chante à tue-tête. Les supporters sont heureux, certains roulent en moto sur une roue. Un mec un mégaphone chante une chanson en hommage à Mathieu Valbuena (qui n'était pas sur le terrain et qui n'a rien demande à personne.

19h52 : après avoir chanté tous les tubes des supporters sur le trajet vers la gare de Tours, arrivée en ville : il faisait 8 000° dans la rame, enfin je respire un peu. Tout le monde sort, marche vers Jean Jaurès, et ça chante encore.

20h00 : comme prévu c'est la folie à Jean Jaurès... Il y a du monde dans les fontaines, sur les arrêts de bus, partout en fait...

20h20 : un jeune homme ose avouer qu'il est un peu fatigué... Un autre porte le maillot du Tours FC (hors sujet, bis).

20h30 : près de la gare, on voit des voitures surchargées passer à toute allure. Evidemment, ça klaxonne dans tous les sens. Un véhicule passe avec deux personnes dans le coffre, dans le suivant ils sont deux à agiter leur drapeau par le toit ouvrant...

22h30 : alors que je boucle cet article et que les klaxons ne semblent pas prêt de se calmer, un feu d'artifice éclate... C'est celui de l'American Tours Festival, pas forcément prévu pour les bleus mais le bouquet final idéal d'une soirée que ni moi, ni aucune des nombreuses personnes croisées ce soir, n'a envie d'oublier.

Olivier Collet