Tours

Tribunal de Tours : les grands travaux commencent cet été

Le chantier va durer deux ans et l’accueil sera complètement transformé.

L’entrée du tribunal par le pallier et l’accueil dans la sombre salle des pas perdus c’est bientôt terminé : d’ici le printemps 2020, le palais de justice tourangeau va subir de profondes transformations pour se mettre aux normes d’accessibilité mais aussi pour repenser son fonctionnement.

Actuellement, 80 fonctionnaires et une quarantaine de magistrats exercent dans les locaux situés à l’entrée du Boulevard Béranger… Bientôt, ils seront 150 car le Tribunal d’Instance, locataire de ses bureaux Rue Edouard Vaillant, va déménager pour rejoindre la Place Jean Jaurès. Plusieurs avantages à ce transfert :

  • ça permettra à l’Etat de faire des économies
  • ça facilitera l’orientation des justiciables avec un seul grand lieu dédié à la justice en cœur de ville
  • ça évitera des déplacements aux avocats
  • ça facilitera les échanges entre juridictions. Sachant que la ministre de la justice a pour projet de les faire fusionner à moyen terme, Tours deviendrait alors un site pionnier.

Le TGI ne pouvant pas absorber tous ces effectifs supplémentaires, le ministère a acquis des locaux au rez-de-chaussée de La Poste : « nous allons y installer une quinzaine de bureaux » explique la présidente Catherine Jean-Pierre-Cléva. Les autres seront situés dans l’aile Est du bâtiment – côté Rue Nationale – dans d’anciens bureaux très vieillissants qui vont être rénovés de fond en comble dans les prochains mois.

Dans le même temps, une grande partie du bâtiment va entrer en chantier, en particulier le cœur de l’édifice. Deux salles d’audience situées sur les côtés de la salle des pas perdus seront remises au goût du jour à partir du mois d’août. La première sera prête avant la fin de cette année 2018 et la seconde dans les premiers mois de 2019. Pendant ce temps, la salle des assises accueillera les audiences, ainsi que d’autres salles situées dans les étages. La justice va donc poursuivre son travail, seules les sessions de cour d’assises seront réellement perturbées : après l’annulation des procès prévus au printemps, ceux qui devaient avoir lieu à la rentrée vont être décalés en décembre avant un retour à la normale au printemps 2019.

3 nouvelles portes d’accès au niveau de la rue

On évoquait la salle des pas perdus… Pour qui est déjà entré dans le tribunal, il saute aux yeux qu’elle parait étroite et sombre. Ça va changer : les bureaux de l’accueil installés au cœur de la pièce vont disparaître pour laisser place à un grand trou. Celui-ci permettra d’accéder au sous-sol du tribunal par un ascenseur ou deux grands escaliers. C’est à cet endroit – aujourd’hui occupé par des remblais – qu’un nouvel accueil unique va être installé, avec également des bureaux pour recevoir le public et répondre à certaines de ses demandes (rendez-vous avec des avocats, droits des étrangers…).

L'actuelle salle des pas perdus

Cette réorganisation complète a une conséquence importante : l’entrée physique du palais de justice ne se fera plus sur le pallier des colonnes mais directement sur le trottoir, au niveau de la rue : « trois portes vont être créées » explique Catherine Jean-Pierre-Cléva, « une pour l’entrée du public, une pour le personnel et une sortie. » Donc bonne nouvelle : plus de marches à grimper. Les architectes du cabinet francilien Pierre Champenois ont prévu de les aligner sur les colonnes, ainsi qu’un dispositif de volets blancs qui s’accorde avec la couleur de la pierre du bâtiment. Ça aussi ça devrait être prêt au printemps 2019, en attendant une entrée provisoire est prévue à l’angle de la Rue Nationale et l’arrêt de bus doit être retiré pour faciliter l’accès des engins de chantier.

Début du gros œuvre en août

En coulisses, d’autres chantiers sont également lancés comme une réfection de la salle du courrier, une mise aux normes d’accessibilité pour les sanitaires et la rénovation de la salle des archives. Au sous-sol, les 6 geôles pour les détenus doivent être refaites et les couloirs de circulation du TGI vont être repensés pour éviter que des accusés ne croisent leurs victimes, par exemple.

La cour intérieure

L’ensemble de ces opérations devait débuter en avril mais a été retardé de 3 mois car certaines entreprises ont été difficiles à trouver pour les réaliser (« en raison de la reprise du secteur du bâtiment, elles préfèrent sans doute intervenir sur du neuf » suppose la présidente. Financé par le ministère de la justice, ce grand plan va coûter 5 millions d’euros. Le gros-œuvre débutera en août même si dans les bureaux ça s’active déjà pour limiter l’impact sur le quotidien des équipes et des personnes qui fréquentent régulièrement les lieux.

Olivier Collet