Tours

Hébergement d’urgence : en plein été, ouverture d’un gymnase à Tours

C’est prévu cette semaine.

C’est une décision exceptionnelle, peut-être inédite : ce mercredi soir, la préfète d’Indre-et-Loire Corinne Orzechowski a annoncé l’ouverture d’un gymnase dédié à l’hébergement d’urgence des personnes à la rue avant la fin de la semaine, vraissemblablement vendredi. Une décision d'ordinaire qui se prend plutôt en hiver pendant la trêve hivernale justement, mais qui rappelle que la question des sans-abris ne disparaît pas une fois les beaux jours venus.

Prévu pour 40 à 50 personnes, il permettra de mettre à l’abri les nombreuses familles actuellement à la rue à Tours. Selon l’association Entraide et Solidarités, ce sont actuellement 75 personnes à qui le numéro d’urgence 115 refuse un lit pour la nuit chaque jour dans la ville. Si la situation n’est pas nouvelle en période estivale, les équipes du SAMU social relèvent néanmoins un nombre de plus en plus important de familles sans solution pour la nuit, quasiment toutes d’origine étrangère.

En collaboration avec la ville de Tours, qui a donné son accord en début de semaine, ce gymnase (vraissemblablement le gymnase Raspail) pourra accueillir des familles, des adultes ou des personnes handicapées. On ne sait pas pour combien de temps il sera disponible, mais vraissemblablement tout le long de la période estivale, en attendant la reprise des activités sportives à la rentrée.

Si la situation va donc s’améliorer pour les majeurs ou les enfants accompagnés de leurs parents, elle va rester délicate pour les mineurs non accompagnés. Actuellement, le Conseil Départemental n’assure pas systématiquement (faute de moyens alloués par l'état selon le Département) la mise à l’abri légale pendant 5 jours avant l’évaluation des dossiers des jeunes migrants qui se présentent à ses services. Si la préfecture l’a aidé pendant la trève hivernale, elle n’a rien prévu pour l’instant pour pallier à ce problème. De leur côté, les associations soupçonnent les services départementaux de refuser des mineurs et donc de laisser des jeunes à la rue. Une manifestation avait d’ailleurs lieu ce 4 juillet en milieu d’après-midi devant les locaux de l’Aide Sociale à l’Enfance au Champ Girault afin de dénoncer l’ampleur du problème : le nombre de réfugiés mineurs ou se déclarant comme tel est en passe d’être deux fois plus important en 2018 qu’en 2017.

Sur le dossier des mineurs isolés, lire nos articles sur 37 degrés avec le Conseil Départemental et l'association Utopia 56