Tours

Aéroport de Tours : la Région affirme son soutien

Après avoir été critiquée par une partie des élus tourangeaux ces derniers mois...

Lundi dernier, le président de la Région Centre-Val de Loire, François Bonneau était présent au Conseil de la Métropole. La raison : la signature de l'avenant du contrat régional de solidarité régionale qui permet à la collectivité tourangelle de bénéficier de 42 millions d'euros pour financer ses projets (voir notre article sur ce sujet).

Une présence qui a permis également au président de la Région Centre-Val de Loire, de tenir un discours rassurant face à des élus tourangeaux qui pour certains lui reprochent de délaisser la cité tourangelle au profit d'autres territoires régionaux.

Châteauroux versus Tours

Parmi les questions qui cristalisent régulièrement les petites tensions, celle du financement de l'aéroport de Tours, certains élus locaux souhaitant un soutien plus affirmé de la part de la collectivité régionale à la plateforme tourangelle, vue comme une porte d'entrée pour l'ensemble du Val de Loire. Et c'est ainsi que ces derniers mois, les annonces d'aides au développement de l'aéroport de Châteauroux n'ont été que peu appréciées en Touraine.

Jusqu'à présent, la répartition semblait claire : à Tours les vols passagers, à Châteauroux la logistique, la maintenance aéronautique et le fret aérien, sur l'ancien site de l'OTAN. Oui mais le développement d'infrastructures sur cette dernière plateforme aéroportuaire (des hangars pour 16 millions d'euros et une tour de contrôle pour 3 millions d'euros, financées par la Région, propriétaire des lieux), ainsi que l'ouverture de lignes aériennes (mêmes modestes) a quelque-peu échaudé les esprits en Touraine.

Il faut dire que dans le même temps, la Métropole de Tours doit faire face à la réorganisation de son aéroport en raison du départ de l'école de chasse. Un aéroport qui se trouve donc au tournant de son histoire avec un projet assumé de dynamisation pour passer de 200 000 passagers aujourd'hui à 500 000 d'ici 20 ans. Un développement que la Métropole ne pourra pas portée seule, cette dernière attendant donc des signaux forts de ses partenaires : Département, CCI, en proie à de profondes difficultés financières, et donc la Région.

C'est dans ce contexte que François Bonneau s'est présenté face aux élus de la Métropole la semaine dernière. Et le président de la Région de prononcer un discours apaisant. "Il y a de la place pour tout le monde et il ne faut pas y voir de concurrence" a-t-il ainsi déclaré. "A Châteauroux on parle de quelques milliers de passagers là où Tours en compte 200 000 aujourd'hui. Les choses ne sont pas comparables". Seulement pour la Région difficile de passer à côté d'investissement pour sa plateforme de l'Indre, celle-ci intéressant les industriels pour la maintenance aéronautique. Seulement de tels investissements doivent également être rentabilisés (notamment la tour de contrôle) et l'axe passagers est un des moyens visés.

Si le discours du président de la Région a plutôt convaincu les élus de la Métropole (exceptés les opposants à l'aéroport comme les élus écologistes), ces derniers ont également dû apprécier la décision du Conseil Régional quelques jours plus tard d'avancer 300 000 euros à la CCI Touraine, pour sa contribution à l'aéroport tourangeau.

Le député Philippe Chalumeau peu convaincu par la Région

Si la Région a rassuré les élus locaux, en revanche du côté du député de Tours, Philippe Chalumeau, qui a fait de l'aéroport une question prioritaire, l'enthousiasme se fait moindre. "La région doit prendre ses responsabilités" affirme-t-il ainsi. "La position de la région n’est pas claire. François Bonneau a un discours de posture".

Lire sur 37 degrés : Philippe Chalumeau satisfait de sa première année de député

Un député de Tours qui essaye de se montrer actif de son côté par ailleurs, en incitant des rencontres avec plusieurs personnalités ou structures qui pourraient potentiellement être intéressées par le développement de l'aéroport de Tours, "idéalement situé entre Paris et Nantes" rappelle-t-il.

ADP intéressé par l'aéroport de Tours ?

Parmi les personnalités en vue actuellement et dont le nom circule dans les couloirs, celui d'Augustin de Romanet, le président des Aéroports de Paris (ADP). Ce dernier a notamment été invité il y a peu au Club de l'Opinion, un réseau réunissant personnalités économiques et décideurs de la région Centre Val de Loire. ADP est-il intéressé dès lors pour entrer dans la gestion de l'aéroport de Tours ?

Si du côté de la Métropole on affirme qu'aucun contact n'a lieu pour le moment avec ADP, en revanche, Augustin de Romanet lors de cette soirée du Club de l'Opinion, a laissé entendre que si un appel d'offres se profilait à l'avenir sur la gestion de l'aéroport de Tours, il se pourrait qu'ADP y postule. Un avis personnel nous dit-on et de la politique fiction assurément pour le moment, l'aéroport de Tours ayant pour l'heure un délégataire et ADP ayant d'autres priorités comme la cession des parts de l'Etat dans son capital (l'Etat est aujourd’hui majoritaire avec 50,1% des parts), ce qui peut changer beaucoup de choses et de stratégies à court et moyen terme.

 Mathieu Giua