Tours

Vinci fera-t-il de l'ombre à Balzac ?

En 2019, la ville de Tours veut célebrer Balzac.

La ville de Tours place l'année 2019 comme "Année Balzac". A l'occasion des 220 ans de la naissance de l'illustre écrivain tourangeau, la ville lance en effet tout un programme pour célébrer Honoré de Balzac. Un programme qui commence à s'affiner : inauguration d'une statue ou sculpture contemporaine en son hommage, parcours artistique en ville, exposition au Musée des Beaux Arts... à l'image de ce qu'elle avait fait pour Saint-Martin, la ville de Tours entend ainsi mettre sur un pied d'estale, l'auteur de la Comédie Humaine et profiter de l'occasion pour attirer quelques touristes au passage.

Oui mais dans le même temps, la région Centre-Val de Loire lance également sa grande année consacrée au non moins illustre Léonard de Vinci. Pour la collectivité régionale, 2019 est ainsi l'occasion de célébrer à travers Léonard de Vinci, les 500 ans de la Renaissance.

Une année pour deux personnages ayant marqué leur temps et l'histoire, cela n'en fait-il pas un de trop ? C'est en tout cas l'avis de certains élus d'opposition de Tours qui se sont exprimés en ce sens lors du dernier Conseil Municipal. Pour Cécile Jonathan (groupe Tours à Gauche) : "J'aime beaucoup Balzac, c'est un illustre tourangeau illustre, mais pourquoi le célébrer en 2019 ? Pourquoi pour les 220 ans de sa naissance et pas les 221 ? L'an prochain la région cherche à unir autour de de Vinci et à Tours on est à contre-courant en mettant l'accent sur Balzac."

Un avis partagé par Pierre Commandeur du groupe Les Démocrates et par ailleurs élu régional : " Je trouve regrettable de pas saisir l'opportunité des 500 ans de Vinci et d'être en décalage avec le reste de la Région."

Dans le lot de remarques, l'ancien membre de la majorité Xavier Dateu y a été également de son commentaire : "Je suis heureux que l'on célèbre enfin Balzac mais je m'inquiète du fait que l'on va mettre des moyens dessus l'an prochain. Il risque d'y avoir un déséquilibre en terme d'image avec l'année De Vinci".

Des critiques qui n'ont logiquement pas été du goût de la majorité, à commencer par le maire de Tours qui a tenu a précisé que la ville s'était engagé dans le "projet Balzac" avant que la région ne lance le sien sur la Renaissance.

Deux projets d'envergure la même année, est-ce un problème dès lors ? Pour Jérôme Tebaldi, adjoint au rayonnement qui pilote l'année Balzac, il n'en est rien : "Nous allons être sur les deux programmes. Pour les 500 ans de la Renaissance, nous avons soumis 17 projets pour entrer dans le programme, même si la région a plutôt fléché d'autres territoires comme Chambord ou Amboise." Pour l'élu, l'un n'est pas incompatible avec l'autre donc. Et ce dernier de croire en la réussite de l'Année Balzac, "un personnage universel". Une année Balzac dont le temps fort se déroulera autour de festivités les 18-19 et 20 mai 2019.

 Mathieu Giua