Tours

Pour faire des économies, Tours Métropole sacrifie les animations de la Gloriette

Tout le programme 2018 est annulé.

Il y a quelques semaines, lors d’un reportage à la Maison de la Gloriette, on découvrait comment des enfants apprenaient à faire de petits bateaux avec du bois de récupération. Dans les bureaux du bâtiment, les responsables du parc étaient enthousiastes et nous signalaient que ce genre d’ateliers avait beaucoup de succès, et qu’il valait mieux réserver un certain temps à l’avance. Oui mais voilà : désormais si vous appelez, on vous dira qu’il n’y a plus de place. Pas parce que c’est complet… mais parce que ce qui était inscrit dans le programme imprimé il y a quelques semaines a été annulé.

Pour rappel, la Gloriette c’était toute l’année des ateliers cuisine, des animations pour le jeune public, du cinéma plein air en été ou encore des balades… L’objectif : éveiller les consciences autour des enjeux du développement durable en évoquant la protection de la nature, les abeilles, le recyclage… Tout ça c’est au moins en suspens pour 2018, l’agglomération ayant fait le choix de se passer de cet arsenal événementiel pour petits et grands. Si le vice-président en charge du développement durable Jean-Luc Galliot n’a pas trouvé le temps de nous répondre ce lundi, à la métropole on nous confirme néanmoins l'information et la raison de cette décision : il faut faire des économies.

Explications : Tours Métropole faisant partie des plus grandes collectivités françaises, l’État lui demande d’augmenter au maximum son budget de fonctionnement d’1,2% par an… Mais selon le président Philippe Briand, le passage en métropole ne permet pas de respecter facilement cet engagement avec la prise de nouvelles compétences ou les recrutements nécessaires. En plus, Paris avait promis 10 millions d'euros à TMVL et ne lui en a versé que 2. Donc il a fallu trouver des budgets à rogner, et celui de la Gloriette fait partie de la liste d’une manière assez radicale.

Dans l’opposition, l’annonce fait l’effet d’une bombe : « c’est toujours les mêmes choses qui sont sacrifiées. Malgré de beaux discours, on voit que les priorités ne sont pas sur le développement durable » raille l’écologiste Emmanuel Denis qui signale que, dans le même temps, la subvention augmente pour l’aéroport ce qui n’est pas un bon signal selon lui : « une fois de plus ce sont les associations et les partenaires qui sont pénalisés et qui se retrouvent en difficulté alors qu’ils ont déjà subi le couperet des emplois aidés et la baisse des subventions. C’est dommageable car c’est la politique sur laquelle il faudrait mettre l’accent d’autant que ça marche bien et que les gens sont contents » poursuit l’élu qui estime que cette coupe est « synonyme d’un renoncement. ».

Le socialiste Vincent Tison est sur la même longueur d’ondes : « c’est la mise à mort du développement durable, d’une partie en tout cas, mais je pense que ce n’est pas de la responsabilité de Jean-Luc Galliot qui s’engage sur ce sujet. C’est par ailleurs la suite de la fermeture de la Maison de l’Environnement de Joué-lès-Tours en 2016 qui touchait 5 000 personnes » nous dit-il.

Alors quelle somme est économisée suite à l’arrêt des ateliers de la Gloriette ? Réponse : entre 70 000 et 100 000€ selon les premières informations que l’on a recueillies, soit une goutte d’eau dans le budget de la métropole qui dépasse les 400 millions d’euros, d’autant plus que certains rendez-vous étant payants et donc en partie financés par leurs participants.

« On peut aussi se poser la question de ce que les salariés vont devenir » note Vincent Tison qui craint qu’un programme aussi dense que celui imaginé jusqu’ici ne soit pas de retour de si tôt… D’autres secteurs pourraient également se voir amputés de budgets sur la prévention des déchets ou le soutien aux pôles de compétitivité. Des commissions sont prévues dans les prochains jours pour trancher avant un conseil métropolitain qui s’annonce houleux le lundi 25 juin.