Tours

Marche des Fiertés de Tours : « notre affiche n’est pas polémique »

Elle a été critiquée par des associations.

C’est la polémique stridente de la fin de la semaine : les associations AFC, Tous pour la Famille et Vitta, dont on connait les positions anti-avortement ou anti-mariage pour tous ont trouvé le moyen de faire parler d’elles… A une semaine de la 13ème édition de la Marche des Fiertés de Tours, et alors que son affiche a été publiée depuis de nombreuses semaines (le 30 avril sur le compte Facebook officiel du Centre LGBT de Touraine), elles viennent d’écrire à la mairie de Tours et au Conseil Départemental, dont les logos se trouvent sur le document, pour demander leur retrait parce qu’elles blesseraient « profondément les familles tourangelles. »

Le problème ? Le slogan « PMA, un droit, un choix », thème choisi par les organisateurs pour leur manifestation annuelle afin de plaider pour que la procréation médicalement assistée soit élargie (aux couples de femmes), ce qui figure parmi les engagements de campagne d’Emmanuel Macron et qui pourrait prochainement devenir réalité. Il est bien ici question de PMA mais les associations qui incriminent l’affiche de la Marche des Fiertés estiment qu’il s’agit d’une promotion de la GPA, la gestation pour autrui "de façon malhonnête en présentant un homme avec un enfant et en parlant de PMA, qui ne s’adresse qu’aux femmes"... C'est une interprétation car aucune référence n'y est faite. Lorsqu'on pose la question de la GPA au centre LGBT de Touraine, l'association dit ne pas se prononcer et seulement « appeler à un débat » sur le sujet.

« La démarche de cette affiche est avant tout artistique » réagit le Centre LGBT de Touraine ce vendredi par la voix de son co-président Mickaël Achard, saluant le travail de Daphné Desroziers, inspiré de David Lachapelle, Pierre et Gilles ou Frida Khalo. 5 ans après l’adoption du mariage pour tous, le militant associatif n’est pas surpris par cette réaction mais navré : « on sait d’où ça part. Alliance Vitta fait de la lutte contre les droits des personnes LGBT son second combat après celui contre l’avortement. Nous on regarde ça de haut, c’est de l’écume, une extrême minorité qui s’oppose à l’égalité des droits et d’une société qui vit pleinement au XXIème siècle. Ils sont juste très bruyants. »

Bruyants… et suffisamment influents pour déclencher une réaction critique du maire de Tours par communiqué, où Christophe Bouchet « regrette » une affiche « inutilement provocatrice. » Si l'on peut deviner le sens politique de la démarche (dans la majorité municipale, il y a des sympathisants de la Manif pour Tous), Mickaël Achard s’étonne du timing : « cette affiche est passée dans tous les services depuis deux mois, elle a été vue par des milliers de personnes sur les réseaux sociaux et personne n’en a dit un mot. C’est embêtant qu’une minorité fasse autant de bruit. » Du côté du Conseil Départemental, pas d'avis sur le fond du débat et sur la forme il estime ne pas avoir de jugement à porter sur le visuel, le logo de la collectivité y étant présent car elle subventionne l'association organisatrice.

En complément à ce débat, le responsable du Centre LGBT de Touraine rappelle que 1 350 personnes ont franchi la porte de l’association en 2017 pour parler notamment d’homophobie, un chiffre en progression : « ce qui est provocant ce sont les agressions de personnes homosexuelles en bord de Loire comme la semaine dernière ou les jeunes qui se suicident parce qu’ils se sentent exclus de la société. Ce qui est provoquant ce sont les discriminations. Il y a deux poids deux mesures. »

A voir maintenant si Christophe Bouchet se montrera quand même au départ du cortège au Château de Tours ce samedi 16 juin, il y est en tout cas invité ce qui est le cas chaque année pour le maire de la ville mais son prédécesseur Serge Babary n’est jamais venu entre 2014 et 2017 (même si certains adjoints étaient présents, Christophe Bouchet y avait d'ailleurs échangé un baiser avec le socialiste Jean-Patrick Gille il y a deux ans).

Olivier Collet