Tours

Première manifestation d’apiculteurs depuis 20 ans en Touraine

Ils craignent pour la survie des abeilles.

En Indre-et-Loire on compte seulement une dizaine d’apiculteurs professionnels et 50 qui produisent du miel en complément d’autres activités mais au total le département compte pas moins de 900 apiculteurs, de Tours Nord au Lochois en passant par Parçay-Meslay ou Richelieu. Ce jeudi matin, ils étaient quelques dizaines à se rassembler sur la Place de la Préfecture de Tours dans le cadre d’un appel national à manifester pour mettre l’accent sur leurs difficultés, et surtout sur l’état de santé alarmant de leurs insectes.

Voir des apiculteurs dans une manifestation, ce n’est pas commun : « la dernière fois ça devait être en 1995 ou 1998 devant l’entreprise Bayer de Cormery pour dénoncer le lancement d’un insecticide » se souvient Jean-Claude Pillu, le président du syndicat des Amis des Abeilles tourangeaux. « On est là pour alerter sur nos difficultés : en une trentaine d’années notre production a diminué de moitié même si en Touraine nous sommes moins impactés que d’autres régions comme la Bretagne ou les Pays de la Loire. »

« Vivre de l’apiculture est devenu très difficile »

Dans le groupe, on fait les comptes : une amatrice de Tours Nord explique n’avoir plus que deux ruches productives ce printemps contre 5 à l’automne, un pluriactif de Parçay-Meslay en a perdu 6 sur 17, une autre apicultrice a vu mourir 15 ruches sur 20... « Les facteurs sont multiples », détaille Jean-Claude Pillu, « il y a le varoa (un parasite, ndlr) mais aussi le manque de diversité florale dans les champs. Les haies ou les bordures fleuries ont disparu et on constate de grandes étendues de monocultures comme le colza. »

A cela il faut ajouter l’utilisation conséquente de pesticides ou la pollution qui ne font pas du bien aux abeilles... et aux insectes en général. Cependant, pour l’instant, les apiculteurs reconnaissent qu’ils ne savent pas précisément quel facteur est le plus impactant, le représentant syndical demande donc la création d’un « groupement de défense sanitaire » afin d’étudier le sujet en profondeur et s’inquiète de l’action du gouvernement estimant qu’il se laisse « trop impressionner par les grandes firmes chimiques » et qu’il devrait mieux encadrer la mise sur le marché de nouveaux insecticides.

D’ailleurs, parmi les manifestants, beaucoup en veulent au ministre de l’environnement Nicolas Hulot qu’ils accusent de ne pas parler des abeilles lors de ses interviews. « Le ‘Make our planet great again’ d’Emmanuel Macron ce n’était que de la com’ » déplore de son côté l’apiculteur parcillon Laurent Guibert ajoutant qu’aujourd’hui « vivre de l’apiculture est devenu très difficile. »