Tours

Haut de la rue Nationale : le grand flou !

Le sujet était attendu par beaucoup. Ce lundi 04 juin était abordé l'épineux sujet à épisodes du haut de la rue Nationale, lors d'un Conseil Municipal exceptionnel.

 

Il est déjà plus de 23h30 quand le dossier arrive sur la table du Conseil Municipal en ce lundi soir. Après déjà 4 heures de débat sur le PADD (Projet d'aménagement et de développement durable) et sur la rénovation du quartier du Sanitas, les élus attaquent le sujet du Haut de la rue Nationale.

Depuis 3 mois, le flou règne autour de ce projet "repris à la racine" selon des mots de Christophe Bouchet, le maire de Tours, en mars dernier. Un projet revu, corrigé et agrandi depuis avec l'intégration de tous les bords de Loire, rive nord et rive sud, du pont de Fil au pont Napoléon.

Alors que beaucoup d'interrogations restent en suspens, ce Conseil Municipal extraordinaire devait être l'occasion d'y voir plus clair...

Pour cela, le maire avait convié Pascal Gomes, le directeur de la Set, mais aussi Jérôme Baratier, son homologue à l'agence d'urbanisme ainsi qu'une responsable d'Atout France, l'agence en charge de la promotion du tourisme en France à l'étranger. Au final, après des présentations rappelant l'historique du projet, son intégration dans un planplus ambitieux et un état des lieux du tourisme hôtelier en France, il en ressort que l'on en sait pas beaucoup plus après ce Conseil, qu'avant... de quoi agacer l'opposition.

"J'ai l'impression que nous avons été baladés".

Dans le groupe Les Démocrates, Nicolas Gautreau, membre du comité de pilotage sur le sujet en tant qu'élu d'opposition, a rappelé la nécessité d'aller vite, d'autant que les aménagements provisoires paysagers imaginés sont réduits par la volonté de l'Architecte des Bâtiments de France (ABF). En clair, le Plan de Sauvegarde n'autorise pas l'implantation de fleurs et la ville se contentera donc d'un aménagement provisoire moins ambitieux avec des barrières réculées de 3 mètres, des plantes en pot devant et une ouverture plus grande vers le CCC OD (qui reste à être validée par l'ABF).

Ainsi pour Nicolas Gautreau : "Je crois savoir qu'il y a désormais tous les investisseurs nécessaires sur le projet de base, il faut donc aller vite. Si vous touchez au projet initial, cela repoussera le projet aux calendes".

D'investisseurs il en a bien été question ce lundi soir, sans que l'on sache leurs noms. "Je ne peux les dévoiler pour des raisons juridiques" s'est justifié le maire de Tours. Il en fallait néanmoins plus pour convaincre une opposition virulente ce lundi soir. Pour Pierre Commandeur (Les Démocrates) : "On est sur l'artère commerçante principale de la région et vous nous proposez simplement des baricades pendant encore des mois. "On est encore dans un flou artistique. J'ai l'impression que nous avons été baladés".

Un sentiment partagé par Cécile Jonathan du groupe Tours à Gauche : "Nous venons de perdre 4 ans. Vous avez été hasardeux en terme de communication et aujourd'hui vous apportez très peu de réponses" s'est elle emportée.

La cause de la colère : non seulement des déclarations du maire de Tours jugées contradictoires entre l'annonce d'une remise à plat du projet, puis finalement son intégration dans un périmètre élargi.

Un maire de Tours qui a tenté de réexpliquer sa vision, sans convaincre. Ce qu'on en retient c'est que le focus du nouveau projet est clairement mis sur un hôtel 5 étoiles en bords de Loire, faisant face à la bibliothèque, tandis que les hôtels 3 et 4 étoiles initialement prévus pourraient finalement rester.

Mais devant ce qui est perçu comme des hésitations, l'opposition pointe le coût pour la ville en raison du retard pris. Des pénalités de retard qui s'élèvent à 300 000 euros par an a annoncé Christophe Bouchet en réponse à une question. Une somme qui s'ajoute aux 17 millions d'euros déjà investis par la SET depuis le lancement du projet en 2012.

Pourtant Christophe Bouchet maintient sa vision des choses et sa méthode : "quand on a arrêté le projet il n'y avait plus d'investisseur" a-t-il répété. Et concernant le nouvel appel à projets lancé le mois dernier sur le périmètre élargi, trois candidats multidisciplinaires (urbanistes, paysagistes, architectes, patrimoinde, programmiste, ingénierie...) vont être sélectionnés (ils seront connus le 21 juin) et le candidat final sera retenu en décembre. D'ici là, on en saura certainement pas beaucoup plus, à moins d'un énième retournement de situation...