Tours

Comment améliorer la qualité de vie à Tours ?

Le conseil municipal a débattu du sujet lundi soir.

« Une ville douce et apaisée, moderne et audacieuse, épanouie au sein d’une métropole dynamique » : ce discours digne d’une plaquette touristique a ouvert la séance du conseil municipal de Tours ce lundi, une réunion « exceptionnelle » ou le maire Christophe Bouchet a voulu montrer qu’il avait « une vision » pour la ville, même s’il a repris sa gestion en cours de mandat, même s’il donne parfois l’impression d’être au four et au moulin et de reprendre tous les sujets d’un coup sans forcément avoir une cohésion d’ensemble.

Selon l’élu centriste, il y a donc bien une cohérence, « une méthode » qui lui est propre, une ligne toute tracée entre les différents projets lancés, remaniés, mis en pause ou accélérés (quartier des casernes, rénovation du Sanitas, chantier du haut de la Rue Nationale ou encore développement de la zone du Menneton au bord du Cher) : « je suis pour des tours, pour des symboles forts dans la ville. En 10 ans Tours aura dix fois plus d’espaces mutables que lors des 20 dernières années » a souligne Christophe Bouchet, sachant que l’ambition de la commune est d’atteindre les 147 000 habitants à l’horizon 2030 (contre 135 000 environ aujourd’hui).

Repenser l’organisation de la ville

Pour que tous les projets municipaux se fondent dans un cadre commun, « respectent notre histoire et la souche ligérienne dans une ville moderne, accueillante, modulable aux besoins des futurs tourangeaux » selon les mots de Christophe Bouchet (dignes d’un pitch de startup), les conseillers municipaux ont débattu du PADD ce lundi. Derrière ce sigle un peu flou se cache le Plan d’Aménagement et de Développement Durable, une sorte d’annexe du Plan Local d’Urbanisme qui définit la politique globale de la ville en matière de constructions, de transports, d’espaces verts ou encore d’équipements publics. La discussion est technique mais loin d’être inintéressante, car au fond elle concerne le quotidien de tout le monde.

« Il ne s’agit plus de poser ici ou là des quartiers sans imaginer leur mode de vie, le détail des commodités, une circulation permettant une vie locale épanouie, facile et joyeuse » a encore plaidé Christophe Bouchet, rejoint notamment par son adjointe Yasmine Benjador expliquant qu’il fallait « retisser les liens entre la Loire et le Cher », « revoir les relations physiques entre la Loire et la ville » du côté du quartier Paul Bert et de l’Île Aucard, ou vers le Parc de Ste Radegonde.

Un plan pas assez écolo ?

Ont aussi été évoqués la nécessité de nouvelles passerelles pour franchir Loire et Cher à pied ou à vélo, l’importance de « garder la spécificité et la variété des paysages », celle « de renforcer la protection des arbres remarquables » ou des coteaux, l’envie de restructurer le quartier de la gare et changer le paysage près des voies ferrées au Sanitas, ou encore le désir d’étendre l’influence du centre commerçant… Bref, plein de bonnes intentions avec une promesse : pas de création de nouvelles zones à urbaniser pour préserver l’agriculture de proximité, les vignes ou les jardins familiaux.

Si elle a « déçu » la socialiste Cécile Jonathan, la présentation a été jugée « assez consensuelle » par l’élu d’opposition Pierre Commandeur, mais ce plan « manque de largeur et de profondeur » selon le membre du groupe Les Démocrates qui plaide pour son élargissement à l’échelle métropolitaine (le maire ne s’y oppose pas), et aurait aimé y voir une extension du secteur piéton ainsi que plus de précisions sur la future politique de stationnement.

Alors que la circulation automobile est en baisse (elle est passée de 7,3 millions de véhicules à 7 millions d’après Christophe Bouchet), les initiatives en faveur des piétons occupent d’ailleurs une part importante du PADD, mais « tout doit être fait avec mesure » selon le maire qui a par ailleurs balayé les critiques de l’écologiste Emmanuel Denis sur l’accentuation de la pollution lumineuse suite Plan Lumière actuellement en cours de réalisation. Néanmoins, le centriste a précise à plusieurs reprises que les orientations présentées ce lundi étaient amendables… Le travail devrait ainsi continuer jusqu’à la fin de l’année.

Olivier Collet